Aïcha

Elle court les bois, les montagnes, et la nuit

Elle assiste les fées en leurs cérémonies

Quand du reste du monde elles sont l'insomnie,

Dévorant l'infini et le millepertuis.


Elle habite le grand secret,

Perpendiculaire au regret, 

Musclée de noir et amoureuse,

Sous le grand manteau de poudreuse.


Ses longues jambes boisées, surmontées

D'un sexe ombreux, consacré et fruité,

Sont en moi comme une tiare dressée

Au seuil de mes arrières-pensées.


O

Entre deux soupirs


Or jeté bas

Ici dans l'O

Jambes et plis

Odeurs et caresse

Oh ! Pliée

Danse du sang

Sauf pile

Et nord


— À Nancy, dévergonder la fée

J'irais volontiers.

 


Entrée

Étrange entrée qui ne dit pas son nom

Pleine de flonflons et de pinces monseigneur

Et là-dessus ses fesses ventriloques

Qui tout juste reviennent d'Amérique


Quelle pâleur dans le fond d'artichaut

Alors que l'asperge a le dédain des servantes

Et que l'abricot se drape de fables 

Immorales amorties de latin blond



À la quinte

Eugénie plie le pantalon à la quinte,

Comme je le lui avais demandé,

Mais c'est tout l'ensemble qu'il faudrait reprendre.

Sans briquets, sans passé, sans métaphores. 

Virus


Le virus minus

Quelque chose en plus

De notre phallus

Comme un stimulus

Pas même une puce

Ni même un rictus

Sur notre prépuce

Mausolée

Quand de ses lèvres tombe la rosée,

Il se sait au fond d'un grand mausolée

Dont le sol est recouvert de brioche.


Attrapant des deux mains sa lourde pioche,

Il commence à creuser son beau tombeau,

Donnant un coup de pied à l'escabeau.



Son cul en éventail

Son cul est à Dubaï,

Il n'est plus au bercail !



Son cul en éventail,

C'était pas un détail !

Menthe poivrée

J'ai rêvé des névés,

J'ai vénéré son nez,

Et tâté ses nénés.


Comme un fier énervé.

Ça m'a rasséréné.


Sous sa chemise  en V,

Ses aisselles rasées

Sentaient la randonnée

Et la menthe poivrée.


Tout cela j'ai aimé,

Ce désir cutané,

La Méditerranée

Et son rire enchanté.

La figue



J'ai des figues dans mon jardin,

Mon jardin, le vrai, au matin,

Mais le soir, si sa main me la montrait,

De sa figue je ferai mon béret.



(J'ai proposé un cinquième vers à

Celle qui en est le sujet. Elle a

Décliné, me montrant sa motte,

Déjà sortie de sa culotte.)


Le fruit est dans le vers,

Étant tout l'univers,

Et dans mon béret

J’y vois son reflet.


Mais le soir, si j'avais sa main,

La figue serait mon festin,

Un destin cambré au jardin.




EDF

Les compteurs EDF sont des

empêcheurs de parler la nuit.

Du moins, c'est ce qui se murmure,

de boulevard à chemin.

Point de vue

Que nous dirait-on,
si l'antarctique venait à
descendre les Champs-Élysées,
pour peu que les toilettes
de l'Ambassadeur soient bouchées !

Je suis bien placé pour
le savoir, que ce point de vue
n'est pas conforme au canon,
puisque c'est moi qui l'ai rédigé.

Néanmoins, je vous le dis,
n'espérez rien d'un dérapage
qui, pour probable qu'il soit,
ne serait ni contrarié
ni porté en triomphe.


Chez l'ambassadeur

À cette heure j'avais le cœur

qui fondait comme du beurre

aux heures de la grande épaisseur

et j'avalais la vapeur toute la vapeur

comme une grande fleur de pâleur

sans valeur et sans saveur

juste avant d'aller pisser chez l'ambassadeur

Colis rose

N'ayant pas encor vu la chose

Elle déballe un colis rose

Et c'est soudain l'apothéose !

Le colis

N'ayant pas encore eu sa pleine dose,

Elle a déballé son gros colis rose,

Avant de rejoindre la maison close

Où nous avions attrapé nos mycoses.

Glose

Sur la glose du matin,

Ophélie pose sa main.

— Cela mérite examen !

Fait-elle en creusant ses reins,

Et, promettant un festin,

Elle enjambe le fretin

Qu'entre ses cuisses elle vient

Surpendre en un tournemain.

Gradions et terpulences

À ce que le trubilaire endorflait, nous

Délibrions de fulvacane sur la sointe noue.

Ipastre ! Sois-tu candébrisure amorphlée,

Ou bretante zénatrice épiturlée en trove ?

Tarve lune, il naut que tu coives antée,

Et si blande que nitrusse pirle, elle dove

La brème cofé, endiamise et tersacoutée.


Ensampé, viralguant, orgimant,

L'antrême dolipranait languement sur le trapon,

Et fuite qu'on palembrerait janbimant

Le frémotis, nandage odrus ou nupon,

Silore nénocaf que nouinte l'afflée.

La veine

Belle infirmière du matin

Qui vient avec son parfum

Nous prendre par la veine

— On lui offre un peu de brioche

Endormie

Ses cheveux bruns sur mon visage

Appuyaient un peu sur mon cœur.

Endormie, elle semblait très sage,

Et je n'étais pas le vainqueur.



Cinq couteaux et un flambeau

J'ai cinq couteaux et un flambeau

Bien cachés dans mon sac à dos.

Ça peut servir au cachalot

Quand il ira se mettre à l'eau.


Pour un cimetière des moches mots

Bouquin malin à bosse

T'es pas du tout mon pote ;

Même si ça sert d'os,

T'as plus du tout la cote.


Les trois culottes

 

Les trois culottes dans le tiroir

Ont perdu leur odeur


Sans rien dire à personne


Les culottes sont des salopes

Et moi l'attente je l'emmerde


Mais où est passée cette odeur ?

Demande Faconde


Tu l'as entre les jambes

Espèce de radine !

Tempête

Tempête dans le jardin, 

tempête dans mon cœur

comme une page arrachée.

Enfui

Quelques cheveux sur une brosse et trois culottes

 C'est tout ce qu'il reste

De mon grand amour enfui. 


Bonnets D (sur l'air de "Rataplan")

Dédé le débonnaire,

Sur son fier dromadaire,

Allait, le nez en l'air,

Chercher du bonnet D

— Il avait en lui cette idée —

Sur les Champs Élysées.

Quand il vit Sandrine Bonnaire,

Qui en a une belle paire,

Il se fia à ce repère.

Mais on aurait dit à son air

Qu'il la gonflait sévère.

Alors il se la joua corsaire,

Lui mordit son gros nez

Et lui botta le pet.

Elle l'avait bien mérité,

La Bonnaire amère

Aux attributs mammaires

Gonflés et autoritaires !

If

Il monte tout en haut de l'if

— Hésitation sur l'adjectif —

Et se ramasse sur le pif

En voulant être plus actif


Taxus baccata est nocif 

Alors que Sisyphe est pensif

(C'est un hiéroglyphe exclusif 

Qui est passif dans le motif)


Il faut être persuasif

Quand on veut être affirmatif

Sans désavouer son calcif

Ni brader tous les vieux poncifs

CAF

Quand tu n'es qu'un vieux faf

Tu vas pas à la CAF

Sauf pour mettre des baffes

Et tirer dans le staff

Cigales

Ô les cigales qui s'arrêtent !

Comme ma pendule

Qui n'a plus de piles…


Mordre les racines

Les fourches de Claudine

S'enlaçaient sur ma pine…


Ô, sur cette ode fine,

Rythmer la sonatine

Et mordre les racines.

Slip français

Quand le slip français

M'entrait dans la raie,

Je te malmenais

Et me démenais,

Comme si tu sentais

Mon âme dans ta plaie.

Pétrichor

Quelques gouttes de pluie

En été et c'est l'explosion

Des odeurs au jardin.

Menthe

Ouverte par la fente

Qui droit mène à la sente

Où mon âme est en pente…

— Elle sent bon la menthe,

Et cela, qu'il pleuve ou qu'il vente !

Encore

Son ventre la peau souple entre mes mains

Dans la nuit toute la nuit encore

Encore la nuit dans le ventre

Et le ventre dans la nuit

Le ventre et la peau le ventre

Souple et profond comme la nuit

Profonde dans les plis du ventre

Encore dans la nuit son ventre

Et mes mains dans la chair

Profonde souple et chaude

Encore

En bas percés

Je souffle dans un bas de laine

C'est mon grand ciel de lourde traîne

Quand le panier de chat percé

Oublie mes allures gercées

Marceline (d'après Musset)

Ah ! que Marceline a un joli moi !

C'est le moi des surprises.
Du matin au soir dans son beau minois,
Tout change avec les crises.

Le roseau n'est plus engourdi,
La motte est à l'honneur
Et le lait qui sourd du radis
Annonce le bonheur.

Le mont est plus velu,
Froissé de houles papillotes,
Et déjà dans tout l'être nu
Trépasse la dévote.

Parmi la raie, cette merveille,
Fière de ses odeurs forcloses,
On voit la rondelle vermeille
Et s'entrouvrir son pot-au-rose.

Froid et chaud, sucre et sel,
Alors tout a des charmes.

Marceline c'est celle
Qui jouit dans ses larmes.

Larme antique

Son arôme en tic

ça tombe à pic

si je clique

sur sa touffe

je m'étouffe

et la bouffe

jusqu'à la racine

en y rentrant la fine

larme de ma pine

Papier !

Assise — et comment ! —

sur les toilettes de la renommée

elle agite la cloche

en trompe-l'oreille

« Ya plus d'papier ! »


— Et moi qui croyais au numérique…

Au lit

À Cadaquès, elle en fit des tonnes

Mais à Laspédès, elle fut très bonne.

Dalidali, reviens par ici,

Je ne ferai plus pipi au lit.

Trompettes bouchées

Si tu ligatures les trompettes de la renommée, 

Le passage en force devient un péplum articulé

Aux bémols du désir et aux sèves de la transportée. 

Polyptote

Quand le pisse-froid entra,

Il se fit un grand silence.


Mais bientôt les enchères

Reprirent de plus belle


Jusqu'à l'arrivée de Polyptote.



Que

L'axe paradigmatique étant ce qu'il est,

Il ne saurait y avoir d'espoir

En quoi placer son graphème.


J'en suis bien d'accord, Faconde,

Mais le cruel Panta, ne nous

Aurait-il donné que cela

Que…

(Sur ce entre Homéotéleute)

Mortelle hypotypose

Le jour où Marie-Caro a fait son hypotypose, le médecin appelé en urgence s'est fait dénantir en bas de l'immeuble par une bande de zyvas qui fumaient des éthopées avec Catachrèse. 

Sa diatypose était dans le rouge à ce moment-là, et Marie-Caro a succombé à une crise d'allégorie sans que le chaud assaisonne le palindrome.

« Encore qu'un lipogramme aurait peut-être pu la sauver. » (Jean-Kevin)

Regarder

Et pourrais-tu regarder la mort

de la même manière

que ce sexe ouvert

et odorant ?

Trouble

Il voit l'orgasme de la femme

et se demande pourquoi

ce mince filet d'urine

le trouble autant

La lune

Natzuko écarte ses fesses

le vieux y voit la lune

et reprend un peu de soupe

Courir…

Phidippidès, Eliud Kipchoge,

Feyisa Lilesa, Abebe Bikila,

Stephen Kiprotich, Waldemar Cierpinski,

Samuel Wanjiru, et Galen Rupp.

Dans le fond du marabout

Il reste encore des kilomètres

De ficelle grecque.

À la poissonnerie

Triméthylamine de Saint-Vagin 

À Glaire de Lafontaine :

« H3C, H3C, CH3, N ! »

Glaire de Lafontaine à

Triméthylamine de Saint-Vagin :

« On arrive, on arrive ! Y a pas l'feu ! »

De Montfort, la morue

Elle était de Montfort, la morue.

Nous habitions dans la même rue.

Je la voyais parfois toute nue

Dans une position saugrenue.

« Et qu'en est-il de mon farfelu ? »

Me lançait-elle, la dissolue,

Quand elle voyait mes yeux goulus

Qui mataient sa touffe très velue.

Le derrière d'Esther

Quand je vois ton derrière, Esther,

Je sais qu'il est temps de prendre mon cimeterre

Et de me rendre au cimetière

Pour surprendre la pécheresse tout entière.

Traduction

« Alors elle prit ses livres entre ses

Mains et les serra l'un contre l'autre. »

Je me demande s'il n'y a pas un problème de traduction…

Le mode majeur

Johnson Johnson épluchait les pommes de terre

Quand les Variations passèrent dans le mode majeur.

« Je sais bien qu'il s'agit de Haydn mais tout de même ! »

Et il quitta la cuisine pour aller prendre un bain.

Point-d'orgue

Quand Robert Schumann entra dans le salon,

Faconde Norwest était en train de s'épiler.

Alors, au-dessus de la mesure,

Il inscrivit un gigantesque  point-d'orgue.

Sous sa touffe

Sous sa touffe la phrase grandissait

Et grandissait tellement qu'en son

Milieu un ciel apparut

Comme une mousse de désir


L'Aubergine

Elle fait frire l'aubergine

Et de sa main libre

Elle prend mon chibre.

— Le calme de la cuisine.

Frisson

Entourant ses genoux de ses bras

Elle inspire profondément…

Ses seins ont frissonné.

Les Heures

— Est-ce que les heures passent, Kagi ?

— Non, c'est toi qui passes, pas les heures.

— Mais alors, à quoi bon mettre le réveil, Kagi ?

— Ainsi tu pourras mourir à temps.

Les œufs mollah

Moi je voulais faire de la peinture…

Nicole voulait des œufs mollah

Et y en avait pas !

Elle m'a fait toute une gigue

Jusqu'à la fatigue.

C'est pas pour dire, que je lui fais,

Mais je ne suis pas assez épais

Pour supporter toutes tes scènes.

Et c'est là qu'elle me colle un ébène

En dessous de la ceinture.

Sur le pot au rose (chanson)

Je n'y peux rien, ma vie est un opéra

Bouffe. Je ne mange que des carottes

Rapées. Tout rose et souriant je suis

Paré. Je m'allonge dans mon

Canapé et j'écoute Néfertiti

Qui chante Pelléas, en apnée dans la

Canopée. Hop hop hop ! En canot

Avec Debussy dans l'Agapé nous

Ramons ferme jusqu'au Da

Capo. Tout nu dans mon canapé,

Tout cané dans mon catapo

Ma vie est un opéra sur le pot

Au rose. Sur mon canapé catho dans la

Canopée j'avale ma potée en pot.

La chanson du mal baisé

On et pas tousse pareil bz Albertine !

On et pas tousse pareil quan l'abise fu venu !

On et pas tousse pareil bz Tantine !

J'étais plus heureux quand j'étais méchant !

Des corps en vers

J'ai enfin compris les pommes de terre ;

Bientôt je m'attaque aux haricots verts.

— La poésie n'est que décor envers.

Dialogue normal

— La loi rire a été adoptée à l'unanimité.

— Tu veux dire le Roi Lear ?

 — On dit : le roi lit…

 — Ah oui, le Roi Lion, je connais.

Entre systole et diastole

Faconde Norwest avait bien prévu

De rendre sa tension à Kagi Ku

Mais à la dernière minute

Elle a jugé la chose impossible.

Entre systole et diastole

Elle n'arrivait pas à choisir.

Tension

Kagi prend sa tension toute la journée.

Dès qu'il arrête de la prendre,

Elle augmente dangereusement !

Delphine sans eau

Delphine aime les pines fines

Qu'elle boit sans eau à la bouche-

Rie en se donnant bonne mine.

À Delphes, parmi les préludes

Brisés par le vent dans la plaine,

La sérénade interrompue

Alterne, sourate de tierces,

Avec la feuille, morte Ondine

D'une cathédrale engloutie,

Dans le brouillard cheveux de lin.

Dialogue à la ferme

— Ah, l'inculture des masses !

— Ferme-là, Victor, et viens nettoyer le four.

— Attends, Blandine, j'ai pas fini l'écurie.

— Et si tu pouvais baisser ton Puccini, là, on s'entend plus !

Ondine

Quand (1)
Melchior (2)
parle (3)
à (4)
Gaspard (5)
de (6)
la (7)
nuit (8)
qu'ils (7)
ont (6)
passée (5) 
avec (4)
Balthazar (3)
dans (2)
une (1)
étable (2)
mal (3)
chauffée, (4)
Scarbo (5)
pense (6)
au (7)
gibet (8)
d'Aloysius. (9)

1 2 3 4 5 6 7 8 7 6 5 4 3 2 1 2 3 4 5 6 7 8 9


Déjà vieux

Pousser le volet

Le ciel est déjà là

Jubilation dans les chairs

Pris par la même vague

De grande haleine

J'habiterai ce nom

Tant que

10 juillet 2004

Premier souffle du matin

son pied qui dépasse –

Ma langue sur son nez froid

Lulu

Quand Lulu sort de sa nuit polaire,

Son manteau de phoques

Jeté sur ses molaires,

Elle se glisse du toc

Sous la falaise

De son clito.

Dans et par l'ouïe

Oui, et à part oui,

Ouïr et jouir, 

Avant d'écouter, même,

Oui, s'épanouir et s'évanouir,

Entendre et comprendre le oui,

Qui luit, lui, dans l'ouïe

De Louis, par hasard et par nécessité, 

Alors que le non des noms est 

Dieu, sans aucun doute, démon 

Aux cent mille noms inouïs.

Ode brève

Boulez — à l'aise Pierre —

A claqué sa pipe

Une année bissextile

Sans tambour ni hautbois.

Musique, Roger !

Quand nous pétulions sous les Pétulas

Écoutiant à la rado Dalida

Et Daladier dans leurs beaux pyjamas

En train d'avalier leur bon Banana

Juste avant de s'envioler pour Batna

Allant y chercher leur derner karmia

Sous les vivats un peu et les crachiats

On nous fit entendre du Sinatra

Dont c'était l'anniversaire ici-bas

Le désastre du progrès

Le secret des tIerces

Lamina l'animal

Et finit par

Casser le ressac.


Inventons le dégrès.

En plein jour

Bérénice, qui était sourde comme un pot,

Trouvait que la musique faisait trop de bruit.

Clémentine

Ah, Clémentine, Clémentine,

Comme tu me serres la pine,

Quand tout me revient en latin

Sous ton fier popotin hautain.

De Curcuma

Le curé de Curcuma m'a dit

Dix fois : foi de Curcuma, Madile,

Il faut faucher chez soi, soit chez Odile,

Et dealer les épis, espiègles délits,

Si Manu n'est pas manucuré en nénuphar

La nue pharmacienne sans fard

Farcie de piercings — épilée sous le string —

Fera sonner ses anneaux au feeling.

On fray comme on peut

Onfray à la diète

Nez en trompette !

Poème sans musique encore

Sous les quintes lourdes et blondes,

D'élégiaques cordes profondes

Gonflées par le tyran séreux

Lèchent le ton de mille feux

Roulants et blêmes, funérailles

Épouvantées, lourdes sonnailles

Aux atroces grelots canailles

Qui tous ont l'éclat du vitrail.


Paroles

Comme on aurait voulu

que la litanie se jetât

sans une escale de lumière

dans une mère morte.

Les voyages à la bougie

Kiss et Bougie s'emmêlent les bijoux

C'est pas du tout comme ça qu'on fout

La grandiose anomalie des cités

Mais Bijounet s'en est allé chanter

Tout l'été en Syrie fait le kéké

Et nous revient sans burnout 

Prince dans son boubou




Au clair de la brune, leste comptine

Au clair de la brune,

Mon amie Pierrette,

Prête-moi tes lunes

Pour y faire trempette.


Ma chandelle en pente,

Je n'ai plus de dieu ;

Ouvre-moi ta fente,

Pour l'amour du pieu.


L'Affligeant

Je suis l'Affligeant, le veuf, le déboussolé,

La pince d'Arabie à la poutre amollie :

Ma Luna est morte, - et son or conspué

Porte le souci noir de la messe en sursis.

L'Alhambra

Raphaële, dans les jardins, dans la chambre, dans les toilettes,

Elle coud, elle entre, elle sort, les draps,

Son pantalon, son sexe, son cul,

La nuit, les jardins, l'eau, ses cuisses,

La porte de la chambre, son cul,

Ses mains, sa voix, ses cuisses,

Dans les jardins, dans la nuit,

Dans les draps, son slip, ses pieds,

Son sexe, sa voix dans les draps,

Dans les jardins, dans la nuit.


Elle est assise, elle écarte les jambes, la nuit,

On ne voit rien, mais je vois quand-même,

Je sens, elle écarte les jambes, dans les jardins.


Blâme

Quand il fait ses gammes, Madame,

Le soir qui vous entre dans l'âme

Jusqu'à l'oursin du macadam

Instille en vous un désir de blâme.

Jérémiades époncetées

Pleurez, cars d'harmonie, badets, strupontins,

Câpres circonflexes aux orgelles sanglées,

Étrances en gaverne étournelée,

Jermialles décourbées par l'entrace burée,

Pleurez vos onbinnes ourlées comme

En cardes égournées par l'entrevers passif

Du sair qui pace outre à l'arègle !

Pleurez encor à l'encre à bit

Étouffée par l'oine avartée,

Férace pénacle attentève au zaro,

Que vienne enfon le globre Sar

Et l'éponce décurvelé, enfan !

Moule dimanche

Programme communiste

Et l'éléphant bleu

Tropiquement installés

Au bar de la marine

Mangent des frites et de la moutarde

Quand Azur débarque sa moustache

Clapotante comme ferraille aztèque.


Il est grand temps de lire le menu

Des goulags télévisuels.


Marie-Agnès aux fourneaux !

Chansons épileptiques

Des chansons spirituelles

Comme beauté des abeilles

Voltigent partout des groseilles

Encornées au dos des ruelles


Page en bonnet plage en sorbet

Le curé des âmes connaît

Son tatouage de poney


Tant que je vivrai en sa faute

Une nuit céphalée plus haute


D’aimer son âme sans méprise

Quand les pianos se furent tus

La veille où Grenade fut prise

Dans un sanglot de honte nue

Sorbet philosophique

Sinueuse et sage danseuse,

Or frais sans le sentiment, voile,

Partir, au-delà du bien —, toile

Hâlée d'harmonies précieuses,

Icône sensible des ciels

Enrichis, enfance essentielle…


Sorbet

Philosophiqu

E !

Veste colombienne

(Nabe il avait plus de shampoing)

— Escobar je peux t'inviter ?

— Non mais Pablo, l'amante allô !

Évangéline

Trois prénoms en un seul

Et un ange au milieu

Qui est tombé des cieux,

Racé comme un glaïeul.

Proverbe à quai peut en cacher un autre

Si dans la clef n'espère que le perroquet

C'est en pyjama qu'il faut aller au troquet.

À Calais

À Calais y'avait des navets et des galets

Mais après le coup de balai

Y'a plus que des Sénégalais pour le ballet

Qui va se danser au palais.

Il faut vider les gringalets

Et fair' venir des Népalais

À Calais pour y replanter des blancs galets.

Derniers palimpsestes

S'il ne doit rester que des palimpsestes

Je vendrai tous mes anciens palindromes

Et j'irai fair la sieste dans la Drôme,

Dans ma veste pâle de Bucarest.

Au Pentagone

Kagi montait les marches du Pentagone

Sans voir la menace qui les descendait.

On aurait dit que ces deux-là

Étaient aveugles et rachitiques

Et qu'ils avaient mangé trop de dragées

Sans penser aux horribles conséquences.

Opus 67 n° 2

Sur une chaise très orange

Elle pose ses fesses roses

Puis nous écoutons la Romance

Eluard

ELUARD…

Ne faut-il pas être un peu fou pour s'appeler

ELUARD ?

Ce n'est pas draule de s'appeler

ELUARD !

Sanglier

Le sanglier, cet animal sanglé de sang allié

dont l'ange ailé en son fond se tait dans la futaie.

Histoire d'amour

— Si je m'appelais Tristan,

T'appellerais-tu Isolde ?

— Tu peux toujours rêver,

Paulo !

Réforme solidaire

Allongé sur la page

Il veut tourner la plage

(Mais il n'a qu'un iPad !)

Alors elle lèche son doigt

Et l'enfonce droit dans sa noix.

(Oh, Dieu, quelle belle escapade !)

Dromadaire solitaire

Le solitaire solidaire

C'est un dromadaire pâle

Dont la bosse des mots

S'est réfugiée dans les palindromes.