Nommitude

Cadastre abstrait.

C'est comme ça qu'il l'appelait.

Même un cadavre n'aurait pas pu l'accepter.

Watersports

L'addition, demande-t-il avec un sourire carnassier !

Mais au moment de se lever de son siège,

Il s'aperçoit qu'il s'est oublié.

Elle, debout, sautant comme un bouchon :

« Je reviens tout de suite, j'ai une course à faire. »

Véronique

Comment t'appelles-tu ?

Véronique.

Comment vous appelez-vous ?

Véronique.

Oui mais comment ?

Véronique Véronique.

Ah, c'est bien vous, alors !

Elle sort une boîte de capotes de son sac et les pose sur la table.

Pourquoi ?

Vous n'êtes donc pas au courant ?

À ce moment-là passe un cycliste dans la rue.

« Véro ! » lance-t-il, un peu au hasard.

Garçon, l'addition !

La moitié du double

— Tu es mon ami ?

— Je suis ton ami.

— Tu es mon ennemi ?

— Je suis ton ennemi aussi.

— Tu es moi ?

— Oui, je suis toi, mais je suis aussi moi.

— Mon pauvre, il faut te faire soigner !

— Oui, mais par qui ?

— J'ai autre chose à foutre.

— Je ne crois pas.

Estime

Quand je regarde par la fenêtre,

Je vois un pauvre homme courbé vers la terre.

Je comprends qu'il cherche un visage parfait

Et je me détourne de lui.

L'attente

Il regarde ses paumes.

Il dit un psaume.

Puis il se masse la plante du pied.

Quand donc prendra fin le jour ?

Palabres

Les arbres se parlent, dans mon jardin.

C'est très sympathique, la journée, je ne dis pas.

Mais la nuit, ils pourraient tout de même dormir,

Comme tout le monde !

Personne nulle part n'en saura rien

Ferme donc ta grange gueule, Jonhson !

Kagi, tu as fait une fauve !

Pas du tout, abruti, aucune faune,

Et ne m'appelle plus Jonhson !

Tu n'es pas plus Kagi que moi !

— C'est ce que je voulais vérifier.

Scène de ménage

Je porte le cadavre sur le lit. Il saigne.

Non mais quelle salope, elle va me salir mon couvre-lit !

— Si j'avais su, je t'aurais laissée sur le carrelage de la cuisine.

— Tu n'avais qu'à me tuer proprement, connard.

Rituel

Elle ouvre les jambes. Juste assez.

Ensuite, nous faisons un whist. Elle perd, comme d'habitude.

Quelle perte de temps, Joseph ! Nous pourrions…

Non, ma Chère, nous ne pourrions pas, justement.

Ce soir

Ce soir, grande veine !

Oh oui, ce soir, c'est la veine !

Je le sens, je suis en veine.

En veine de polésie.

Ce soir, je vais écrire un polème polémique.

Ce soir !

Performance

Claudius aspire de toutes ses forces !

Il est rouge du haut en bas, le pauvre.

Sans arrêter la transaction, on ouvre

La partition de Blussy, sous l'écorce,

Et là, sans même de fard à paupières,

Si nue, elle plonge dans la soupière.

Soir

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Enfants perdus et allongés

Asticot et abricot,

Clitoris et clinamen,

Vos familles ne vous réclament pas.

Coquelicots et cyclamens,

Vous n'êtes pas de sitôt

Sortis par là du Ça !

En attendant

Et si Johnson n'était pas là,

Comment ferait-on ?

Oh, c'est bien simple :

Si Johnson n'est pas là,

C'est foutu.

(…)

Quel pessimisme, Bon Dieu !

On peut quand-même sucer des glaçons,

En attendant !

Froid

Varnia, mais pourquoi mets-tu ce bonnet affreux ?

(…)

Elle ne répond pas et ôte sa culotte.

Fils

Hactor est un garçon mal élevé.

Ce matin, il a même prétendu

S'appeler Hector !

Je n'ai pas les moyens d'assurer ma descendance.

Soigner

Papa a mal au foie.

Je lui donne de l'huile de ricin,

Mais il fait la sourde oreille.

Destin

Hier-soir, quarante fourmis m'ont attaqué.

J'en ai tué trente-neuf.

La dernière a dormi avec moi.

Oh, toi, oh oui, toi !

Passe donc, profite de ma mort.

Déserte la corde, évite le souffle,

Parodie la chance, oublie la danse.


Je suis crotté de toi.

Faconde

Faconde Norwest est une femme gaie.

Elle est gaie des graisses

Elle est gaie de la croupe.


— Monsieur, s'il vous plaît : à la caisse !

Polésie est partie

Polésie, Polésie,

Où es-tu partie ?

Et moi qui reste

Dans tes draps sales !
Ce n'est pas moi
Ou alors c'est moi
Mais je ne m'en souviens pas

KiM

Poétique action

Faire semblant, c'est un bon titre.

Faire pendant, c'est un bon litre.

Faire le pitre, c'est un roman.

Noël

Noël, éclat de Noël, charme.

À la pointe du songe,

Mes joues, lavées de larmes.

ACIDE

Propanal (CAS123386)
Benzene, (1-methylethenyl)- (CAS98839)
Ethanone, 1-phenyl- (CAS98862)
1,3-Isobenzofurandione (CAS85449)
Benzene, 1,4-dinitro- (CAS100254) ou Benzene, 1,3-dinitro- (CAS99650)
2-Propanone (CAS67641)
Acetic acid (CAS64197)

Si je voulais, je continuerais…

Repassage (3)

Huit chemises, trois shorts,

Quatre draps housse, un pantalon,

Une nappe, des chiffons.

Je suis mort(e).


— Eh non, ce serait trop beau…

En transe

J'en ai encore le muzo fragrancé
d'avoir les pétales frôlé
ô rampo du nikkon
de tes roses pompons

KiM

Dimanche 28 septembre

Chérie, nous sommes le dimanche vingt-huit septembre !

— Hmm ?

Rien à faire, elle est trop…

— Hmm ?

Rien, rien, rendors-toi, je fais de la poésie.

Recette

Fendre l'aubergine, mettre une rondelle…

Oh ! Kagi, où vas-tu, comme ça ?

Moi ? mais je vais tirer le vin de joie.

Repassage (2)

Vapeur, calme, chuintements doux.

Pschhh pschhh schhh…

Luna dort et approuve.

Joachim Malats (1872-1912)




Repassage

Trois chemises, deux pantalons.

Dix serviettes de table, six serviettes de toilette.

Neuf T-shirts, sept slips.

Trois enveloppes de traversin, cinq taies d'oreiller.

Huit torchons, un drap, deux mouchoirs.


Ça ira pour aujourd'hui.

Castor Johnson

Castor Johnson est à Johnson

Ce que Sartre est à la musique dodécaphonique.

Il va de soi que je simplifie

Pour les besoins de la démonstration.

Do-si-do-fa-mi-do.

Dans les bois

Fred vise,

L'enfant l'exaspère, 

Alors tire, sans.

L'enfant touché.

Fred voulait mourir.

Pauvre, vivre…

Mirages

Au ciel, tout le jour, ces oiseaux hurlants,

Rayant l'azur comme papier musique.

À la jumelle, je ne peux les suivre,

Homme invisible sous leur nez de cuivre.

J'attends leurs virages mélancoliques

Et je ne suis plus qu'un petit enfant.

Tout à coup, en 12 CH

Arnica Montana et Mercurius Solubilis 

Marchaient ensemble, main dans la main.

Aconit, haut dans la colline, les regardait venir.

Ruta Gravolens ne dormait que d'un œil,

Tandis que Phytolacca Decandra terminait ses ablutions.

Nux Vomica, lui, restait à l'écart, silencieux, morose.

Tous sentaient qu'il allait se passer quelque chose.

C'est ce moment que choisit Ipeca pour lâcher :

« Korsakov a le bourdon, ça ne m'étonnerait pas qu'il pleuve. »

Comment taire (1492)

Comment comment ? Comment pourquoi ?

Ha ha ha, il se moque ! Ha ha ha, il se com' !

« Taire ! Taire ! Taire ! »

Hé, Kagi, tu peux descendre, Véra s'est barrée !

« Taire ! Taire ! Taire ! »

Oh, laisse-le, à force il a la vigie raidie.

Si j'avais voulu

Ta ga da, ta ga da, ta ga da.

Je suis à Séville. 

Ta ga da, ta ga da, ta ga da.

Je joue de la guitare. 

Ta ga da, ta ga da, ta ga da.

À Séville, je joue Sevilla.

Ta ga da, ta ga da, ta ga da.

Sevilla, d'Albeniz.

Ta ga da, ta ga da, ta ga da.

Mais j'aurais pu le jouer au piano.

Oh oh oh, oh oh oh, oh oh oh !

La semaine prochaine, j'irai à Nice.

Ho hisse, ho hisse, ho hisse.

Et je logerai au Ritz.

Ta ga da, ta ga da, ta ga da.

Hue, Véra, hue ! Avanti la machina !

Véra, kantique

« Véra, Véra, Véra.

Cervelas, pasta, nada.

Couchée, Véra, couchée ! »

Chaque soir, Kagi doit réciter cette prière, avant…

Avant Fluocaril, bain de pieds, confiture.


      On lui avait promis une grande efficacité.

Automne

Ce soir, j'ai l'air mauvais.

Enflé d'une courtisane au miel,

Je sors mes pinceaux au curcuma. 


Albert, comme toujours dans ces moments-là,

Albert éternue en psaumes

Sur sa robe safran.

Elle : « Mais, Albert, pourquoi ? »

Albert : « Écoute ! Écoute écoute ! »

Sur ce, le poète exhibe ses doigts de pied,

Comme un chant de tribu 

Antique rubis sur l'ongle.

Elle fait celle qui s'y entend,

Se penche en avant, pauvre momie averse,

Son sein droit coule au dehors,

S'étale, se liquéfie, quitte son corps…

Et tous les trois nous nous noyons,

Sans avoir pu finir la partie.


En septembre, il vaut mieux

Jouer au bilboquet que

Faire de la sonate.

Gris

Fleur du soir,

Ce ciel gris

Et ce tendre sommeil,

Vous êtes révolus.

Transfert


À partir d'aujourd'hui

Kagi se nomme Jeff Koons.

Il va faire des envieux, c'est certain.

Mais il veut absolument se mettre dans la peau de Jeff.

Boson vole !

« Il ne faut pas prendre Kagi pour un couillon ! »

Mais voyons, mais voyons, tout le monde a raison

Tout le monde a toison, Kagi !

Tout le monde sauf si…

Flora ?!

Flora ? a dit Georges !

Mais pourquoi, mais pourquoi ?

Ah, si je le savais, moi !

Conseil



Petit, ne refuse jamais 

Les avances d'une hystérique.

Elle se vengera, tôt ou tard.

La ville

On faisait vingt kilomètres

Et on était au bout du monde !

La belle vie !

Marinette


Marinette conduisait toujours pieds nus.

Le bras droit levé, passant les vitesses

De son ID 19, les cheveux au vent.

L'aïeule

Jéromine lui dit : « Au cul ! »

L'Empereur s'esclaffa et vida son verre.

Alors ils se mirent à rire aussi.

Les Douzes

Norbert Castang, Ari Vogalen, Aristide Désert,

Timoléon Andair, Blaise Cantot, Sadi Jurmentel,

Léandre Barnin, Olier du Garre, Ménandre Pastrel,

Pamphile Dastour, Titien Marjac, Solon Halendert.

Paul, Serge, Alain

Il vient chez moi.

Je retrouve Paul et Serge avec plaisir.

Finkielkraut est étrange mais très amusant.

La maison…

Dans sa gueule


Elle dans, e, el-le,

L en raf-ales, Cha

usson s mi ro ir bris é

Dans la  g u  e   u    l     e  

Rouge du temps.


Je referme le couvercle, je m'endors.

En bâteau

Oignons, haricots verts, cocos, courgettes, pommes de terre.

Aubergines et tomates, un peu de vert.

Faire fondre.

S'installer dans la londre.

Dériver…

Le grand psychanalyste

Et comme dit Reiser : 

Vive les femmes !

Ça, Coco, c'est de la came !

En balade là-bas, 

Chaque jour un peu plus bas

Dans ce foutu désert.

Apostrophe

Kagi, ressaisis-toi, voyons !

Marie-Paule, c'est bien gentil,

Mais que vient-elle faire ici ?

Sylvie

Stéphanie est au lit

Avec Aurélie et Julie,

Avec Suzy et Clélie,

Et aussi avec Coralie.

« Je veux vi-i-i-vre… »

Marie-Paule

Marie-Paule est très sympathique.

Vraiment, je ne regrette pas d'avoir attendu

Presque deux heures dans son cabinet si moche.

En voilà une qui n'a rien demandé à l'époque.

(Qui le lui rend bien.)

Lux


Aline monte sur la colline.

Là, en trois mouvements et quart,

Elle allume le monde de son phare.

À la hussarde


La Traviata est de traviole,

De traviole sur son guidon,

Les jupons par dessus le toit.

Être et avoir

Je suis un pléonasme gastrique.

Ne dites pas que vous le saviez,

Vous ne saviez rien du tout.

Vous ne savez même pas qui est train de parler.

(Les pléonasmes gastriques sont courants en Afrique.)

Pénoplaste

Je suis un pénoplaste.

J'ai un, et même, deux diplômes, de pénoplastie.

Nous ne sommes pas très nombreux, nous, les pénoplastes.

Che vecchia maledizione !

Quatuor




Adam et sa pomme,

Kagi et sa queue mentale.

Ève et sa gomme.

Le rire

Pourquoi il ne faut pas rire.

Si je vous le disais, vous seriez bien capable

Tout de même de rire.

Vestibule

Une fois le vestibule nettoyé,

Anna-Maria se dirigea vers l'alcôve.

Il était là, fumant, énorme.

Le fauteuil grinçait, 

On entendait la terre gémir.


      « Doucement, Anna-Maria, doucement ! »

La Queue mentale (suite)

Bon.


Bien.


En effet…

Je voudrais

Je voudrais, oh, si vous saviez comme je voudrais !

Non, ne croyez pas que c'est facile à dire.

Là, tout de suite, oui. Renée…

Malika

Malika était arrivée un soir, à Paris, elle avait faim.

Nous étions allés manger des gâteaux sur le boulevard Saint-Germain.

Là, elle m'a dit qu'elle était très pressée de faire l'amour avec moi.

On a emporté les gâteaux rue Linné.

Je crois que je me suis trompé de rubrique.

Cumul

Le gros cumulus poursuit le petit nimbus

Qui se trémousse du coton,

En s'étirant la traîne.


Si c'est le boxon même là-haut,

Qu'est-ce qu'on peut faire ?

News

NORMAN BOULWARE envie de jouer aux cartes ?

L'invite des marques MacWay lettre promotion.

Fatima Grolcain vous nettoie le vestibule.

Je vais te chauffer !

Tremble, Kagi !

Kagi et le sexe


— Ma queue est trop masculine.

— Oui, oui, je vois ça.

— Vous pouvez faire quelque chose pour moi ?

— Mais bien évidemment franchement j'avoue !

— Et comment s'y prend-on ?

— Oh, c'est bien simple, mon bon Monsieur.

— Mais encore ?

— Nous allons vous faire une queue mentale.

— …

— C'est-à-dire que nous supprimons ce ridicule appendice

Et que nous l'incorporons au cerveau, en creux,

Par le procédé dit de l'Ubiquité sexuelle infra-métabolique.

— Je vois. Ç'a l'air simple.

— C'est très simple. C'est très beau. Très.

Indélicate

Carbonisée !

On devait aller au Monoprix, avant le coiffeur.

Elle aurait quand-même pu nous éviter ça !

Trois heures

Penché sur le pupitre, Johnson a l'air d'un trombone.

Au coin de la rue, un crissement de pneu.

— Jasper, tu ne vas pas encore nous ramener ta bobonne ?!

Dommage

La place ne manquait pas.

Ni la sérénité.

Le drame, c'était cet accent !

Il paraît

Il paraît, oui…

Tu penses bien que je me suis renseignée !

Remarque bien, c'était un dimanche…

Délire

— Si, je te promets, je l'ai vu : il a cliqué !

— Allons allons, tu auras eu une hallucination !

— Ma pauvre Arlette, comme tu es vieux jeu

Ouverture

Qui que vous soyez, n'espérez pas le rester.

— Mais je venais pour le chapeau…

Oui, oui, nous connaissons cette ouverture !

Entrain

Donc, c'est à la fois un crime contre le réel…

Aujourd'hui, la science.

— À propos, on ne pourrait pas un peu raccourcir la grossesse humaine ?

Madame

Madame frappe doucement au carreau.

Madame est tout sourire, et tout parfum.

Mais entrez donc, Madame, nous finissions justement.

La Page

Tourne la page, ma lapine !

Ma lapine s'endort au bout de trois lignes,

C'est à désespérer de la polésie, vraiment !

Verbes

Si nous conjuguons c'est que le temps et nous ça fait deux.

Si le temps et nous ça fait deux c'est qu'il ne faut jurer de rien.

S'il ne faut jurer de rien c'est que les mots sont de retour.

Si les mots sont de retour c'est que la route est longue.

Si la route est longue c'est que la fête bat son plein.

Si la fête bat son plein c'est que nous dansons avec le temps.

Si nous dansons avec le temps c'est que le Verbe…

Si le Verbe…

Tritanic (de forme sonate)

Sentant la fin venir, le matelot parla ainsi :


Netteurs, Netteuses (© KiM), nous allons couler, je vous le dis.

Le ressac a été plus fort que le réseau, l'affaire est conclue.

Pour ceux qui savent nager, c'est foutu, inutile de faire les malins.

Pour les autres, remettez-moi vos affects de voleurs, et surtout pas de question.

Pas de vague, pas de troll, pas de philosophie : soyons sérieux pour une fois.

Je vais vous piquer trois fois. Trois fois, pourquoi ?

Trois fois parce que. Je n'ai jamais rien fait normalement.

Vous allez mourir, certes, vous allez mourir.

Moi non, mais c'est un détail.

Longtemps, nous nous sommes touchés de bon cœur,

Vous, moi, et même eux.

Mais ce temps-là n'est plus, croyez-moi.

Tous, vous vous demandez ce qui se passe.

C'est pourtant simple :

Aujourd'hui, à onze heures onze minutes exactement,

Un morceau de Réel a percuté notre bloge.

Les protocoles d'autoréparation ont tous échoué, comme prévu.

Cela faisait longtemps que j'attendais cet instant,

J'avais fini par oublier pourquoi j'étais là,

Par croire, presque, que j'étais votre Camarade Matelot.

Bref, je n'ai plus le temps de vous consoler,

Il faut que j'aille toucher mon chèque.

Encore un dernier mot, cependant :

Vous avez voulu vivre dans la Vertu,

Vous allez périr par Nécessité.

Mot à la place

— J'ai des maux de passe depuis dix jours.

C'est intolérable, intolérable, Docteur !

— Récitez-moi ces mots de rue,

Et d'abord mettez-vous toute nue.

— Mais non, je ne peux pas, mettez-vous à ma place !

Dans la rue, tous ces gens, tous ces gens, dans la rue…

— Bien, alors allons sur l'aire de repos, nous serons tranquilles.

Vous êtes une impasse, vous savez !

— Docteur, allons plutôt dans la colline,

J'ai quelque chose à vous montrer.

— Écoutez, Térésa, vous êtes gentille, mais je connais.

Je connais ça depuis longtemps !

(Je ne veux pas voir votre con,

Je veux seulement vous écouter, nue.)

— Mais Docteur, si je parle, si je parle tout haut,

Vous aurez mon mal de passe aussi !

La branche

La main en cornet, il semble écouter.

En réalité, il n'écoute pas du tout,

Il se branche à la branche.

Plus tard, il ira dans les blés,

Et il entendra rire Blanche.

Rire… Blanche parce qu'il est flou.

Taper dièse

Allô, je voudrais parler à Max !

Max est absent pour le moment,

Mais laissez-lui un message !

Max, c'est moi, Kagi, je voulais te laisser un message,

Mais je sens que tu ne vas pas aimer…

Dis toujours !

Non, jamais ! Toujours l'absence, c'est assez lassant.

Vous pouvez réécouter votre message en tapant dièse.

Non, jamais ! Toujours l'absence, c'est assez lassant.

Dis toujours !

Dièse.

Avec ce mot-là

Avec ce mot, c'est la question du …

Qui est posée. Posée et trapue.

D'aucuns diraient pointue.

« Avec ce mot, va, tout s'en va. »

Mais c'est d'un plagiat,

Ce que vous écrivez-là !!!

Science-fiction

Pour abandonner la science-fiction (, il faut)

- Se faire une raison.

- Être un vrai con.

- Être un auteur au crayon.


(Si je voulais abandonner, je crierais plus fort !)

Continuons

La poésie, ça n'attend pas, disait toujours Monsieur Grontier.

— Kagi, on mange !

La poplésie, ça n'attend pas, bande de gougnafiers !!!

Après l'assaut

Et voilà, mes amis,

C'est ainsi, et pas autrement,

Que Kagi s'est enfui.

Son cimeterre au sol,

Ses reins brisés, en larmes,

Mais de rire, sans armes,

Il a poussé un hurlement

Et a pris son envol.

Comme le vent sous sa robe…

Quand de ce pas fiévreux naîtrait un récit…

Hé, oh, Kagi, tu pourrais fermer la porte, quand tu écris ?

(Malheureux, je voulais écrire malheureux…)

La Manipulation de l'orge

Kagi reçoit Le Livre de Georges.

Georges demande à Kagi de parler du Livre de Georges.

Niet, niet, niet ! Pas question de me faire manipuler, fût-ce par Georges !

L'ère de la soupe (et le son)

Depuis les blogs, tout le monde est suspect.

Avant, un auteur, une auteuse, étaient publiés,

On se disait, bon, d'accord, oké, c'en est un.

M(a)intenant, tous s'autopu(b)liquent,

On se dique :

Merde alors, on me prendrait pas pour un con des fois ???

Sieste (encore)

Cette petite peste

Est en train de faire la sieste !

— Je regarde vers l'est.

Danser

Elle a dansé toute la nuit.

Toute seule, avec son frère, avec les chaises.

Tout cela, sans faire aucun bruit.

Sans cœur

Je suis né ainsi, ce n'est pas de ma faute.

Je ne m'en suis aperçu que par hasard, lors d'une consultation cardiologique.

Mon cas est encore à l'étude, et depuis que je sais, je me suis mis à la poésie kagique.

Il s'agit d'une poésie très exigeante, comme vous pouvez le constataute !

Et pourquoi ?

Mais oui, et pourquoi ?

Pour toi, pour rien, sans durée,

La Question déçoit.

Le café

Le café du matin

Est à portée de main.

Comme la vie est noire !

Genre

Figurez-vous qu'il l'écrivait au masculin !

Il écrivait son texte au masculin, l'idiot !

Ah, on peut dire qu'il aveu l'air fin !

Entrez !

Entrez, c'est ouvert !

Oh, n'insistez pas ou je vous le prouverai…

— Tout ça n'est qu'une question d'ovaires.

La pizza

Kagi mange une pizza.

Il n'y a pas de hasard,

Mais il est déjà trop tard.

Quel bazar, quelle razzia !


La morale de cette histoire

Est en forme de poire.

Elsa Hécate

Bien qu'Elsa soit à Alès,

Raymond Queneau, rauque anonyme,

Boris Vian, bison ravi,

Tous en Syldavie,

Ils sont en laisse,

Au bord de l'abîme.

Au bain

Crétins, ô mes chérubins,

Comme Kagi vous aime,

Quand vous trempez votre m…

Dans vos crétines, en vain.