J'aime bien le riz complet aux carottes
En écoutant de Rameau la gavotte
Pendant qu'Elsa enfile sa culotte
J'aime bien le riz complet aux carottes
En écoutant de Rameau la gavotte
Pendant qu'Elsa enfile sa culotte
Quand Monique va à la messe
– C'est une large forteresse
Sans la moindre délicatesse –,
Les hommes regardent ses fesses.
Au fondement de la gonzesse,
De larges poignées de caresses
Semblent attendre la maîtresse
De cette tellurique graisse.
Les hommes regardent les fesses,
Ils n'aiment pas la sécheresse
De la bienheureuse duchesse
Qui se trémousse en son Uzès
Sans avoir la scélératesse
De la jeunesse, ou sa mollesse.
J'aime bien les femmes du monde
Quand je les prends dans mon Aronde.
Mais quand elles sont un peu rondes
Et que l'auto penche, je gronde
— Surtout si elles sont très blondes.
Busoni, qui aimait le chasselas,
Quand il le pouvait ne s'en privait pas ;
À genoux derrière elle,
— Inspirée de dentelle,
Éberluée chapelle —
Il entre en sa rondelle
Comme en la citadelle,
Pointant droit sa chandelle
Comme un Guillaume Tell,
Devenu colonel,
Entrerait au bordel
Muni de son scalpel.
Ses seins étaient aériens comme le métro,
Et son cul, vide comme le Monténégro,
Nous semblait aussi faraud que Fidel Castro.
Coco, montre-moi ton cul !
Dit-il d'une voix aiguë.
Coco ne se fait pas prier
Et soulève son tablier.
Voyant la belle toison,
Il s'astique le tison
En rêvant de ce buisson
Qui lui donne des frissons.
Pourquoi pensé-je à Yvon ?
Yvon le grand saucisson
Faisant la popote à Thônes,
Entre deux coups de trombone.
Elle court les bois, les montagnes, et la nuit
Elle assiste les fées en leurs cérémonies
Quand du reste du monde elles sont l'insomnie,
Dévorant l'infini et le millepertuis.
Elle habite le grand secret,
Perpendiculaire au regret,
Musclée de noir et amoureuse,
Sous le grand manteau de poudreuse.
Ses longues jambes boisées, surmontées
D'un sexe ombreux, consacré et fruité,
Sont en moi comme une tiare dressée
Au seuil de mes arrières-pensées.
Étrange entrée qui ne dit pas son nom
Pleine de flonflons et de pinces monseigneur
Et là-dessus ses fesses ventriloques
Qui tout juste reviennent d'Amérique
Quelle pâleur dans le fond d'artichaut
Alors que l'asperge a le dédain des servantes
Et que l'abricot se drape de fables
Immorales amorties de latin blond
Eugénie plie le pantalon à la quinte,
Comme je le lui avais demandé,
Mais c'est tout l'ensemble qu'il faudrait reprendre.
Sans briquets, sans passé, sans métaphores.
Les trois culottes dans le tiroir
Ont perdu leur odeur
Sans rien dire à personne
Les culottes sont des salopes
Et moi l'attente je l'emmerde
Mais où est passée cette odeur ?
Demande Faconde
Tu l'as entre les jambes
Espèce de radine !
Quelques cheveux sur une brosse et trois culottes
C'est tout ce qu'il reste
De mon grand amour enfui.