Reste

Les Roses d'Ispahan et les cigares du Docteur Muller

Les Vèpres de l'Italien et les caprices de la divine

Les seins de la Joconde et les mains de Raphaële

Les glycines de Rumilly et les couloirs de l'hôpital

La raie au beurre noir et les croissants tièdes

Les plages de Grèce et les gares du Midi

Les draps froissés et les pieds sales

Mais surtout l'odeur de ton ventre quand je m'approche de toi.

Situation 1

1.110.21 Qu'est-ce que tu perds ton temps à lire ?

1.117.22 Pourquoi porte-t-elle une minerve ?

1.118.22 Je suis très ironique, vous vous en rendez compte ?

Les branches des arbres, les culottes des filles, les moustaches des chats.

Et Gesualdo dans la pièce à côté…

Chaussettes

En rémoulade, les yeux très écartés,

Elle ne pouvait que s'allonger,

Quand Max lui lisait Leconte.

Ses yeux saignaient, les loups hurlaient,

Et la mer se retirait. Elle gardait ses chaussettes.

Le Cierge et le Pinceau (hymne de banquet)

Machepipe avec Carnegie,

Deux octobasses marinées,

Trempées de désaccords béants

Et de pustulents glissandos,

Dispersaient le cœur sur la touche

Et l'antonomase au talon.

(À la clef, trombones farcis

Et cymbalum aux petits pois.)

Mais alors, Johnson et son luth,

Ruth et son pot de crème fraîche,

Et la louve dans son alto,

Comme des triolets tout juste

Échappés de l'Académie,

Et lardés de tous les piercings

Entreposés au fond du Rhin,

Entonnèrent l'hymne du Cierge

Et du Pinceau, malgré le froid

Qui ramollissait les outils.

Le constat n'était pas fameux

Et donnait envie d'une vive

Coda qui cèlerait la chose

Au creux d'un bénitier jaunâtre

Flottant très mal au fond d'un puits.

Entendant ce désastre cuit,

Mélandor Clarismont ne put

Qu'assommer Androse Vertèbre,

Sur le point de fuguer en rut,

Comme le petit saligaud

Qu'il avait toujours rêvé d'être.

« Cette symphonie est à vous

Désespérer du contrepoint ! »

Martela Charles, hirsute et blême,

Et qui fondait comme bougie

Entre les cuisses de Faconde,

Trop fière pour apercevoir

Le chœur qui allait l'engloutir.

Gilberte, pensive, leva

Sa baguette, comme le gibet

Résumé d'une catastrophe

Ancienne et démesurée,

Et, avant même de lancer

La gigue, mourut d'un point d'orgue

Au cœur de la ronde infinie.


On passa très vite au dessert.

Chanson

Le long de la rue noire

Accalmie sur le con

Je tourne en rond

Sur la raie de ta passoire

Oyohoho ! Oyohoho !

(Hommage à Charles Trenet)

Tout

Albert Duspasme a commencé son livre,

Son grand livre de la bite.

Tout sur la bite,

Par Albert Duspasme.

La préface est de Faconde Norwest.

Il y a même un index.

Coupable

Et dans ce couloir, des portes,

Et dans ces portes, des yeux,

Et dans ces yeux, des larmes.

« Marche droit, camarade ! »

Il aurait bien voulu rire,

Éclater de rire, ou chier sur place,

Mais il continuait d'avancer.

Il suivait la ligne tracée au sol,

Essayait de faire venir à lui

Le visage de sa mère,

Les seins de sa femme,

Les cheveux de sa fille…

Après Guerlain

Kagi ouvre la porte, et un œil.

Il voit le poème, encore chaud,

Et tout palpiptant,

Comme un chancre purulent

Sur une écharpe Lancôme.

Se tait. Et referme la porte,

En un silence parfait.

Guerlain

Elle a soufflé sur le cristal

Et c'est Chérubin nu qui passe,

Comme s'échappant d'une impasse,

Tout déguisé de fins pétales.


Rémoule

Frotte ses seins sur le papier de verre

De la poussière qui en tombe

Elle fait quelques phrases sans coutures

Sans espoir ni intersections

L'Apnée d'Antonin

— Antonin, asseois-toi. Ici, près de moi.

— Oui, d'accord, je m'asseois.

— Maintenant, tu vas cesser de respirer.

— Oui, d'accord, je retiens mon souffle.

(Cet enfant est désespérant.

Quand va-t-il se rebeller ?)

— Dis un mensonge, pour voir.

— (…)

— Enfin ! C'est la première fois que tu désobéis !

Je suis fière de toi, Antonin.

Dommage qu'il ait fallu en arriver là !

Cul par-dessus tête

Au talon elle tire sur l'archet,

Jusqu'à briser l'instrument,

C'est une cavalcade sombre.

Hilary n'a pas ri,

C'est une date !

À l'orgue

Il souffle un vent rauque,

Un vent de seize pieds,

Debout sur lui-même

À la tribune et dans la nef.

Terre ! Terre ! Terre !

Mais non, je continue…

Pourquoi resterais-je parmi vous ?

(En pensant au symphoniste Anton Bruckner)

Love

Martine Cavaillé-Coll et Kevin Mallarmé

Ont dansé quatre heures durant

À la Love Parade.

Sur le chemin de leur studette,

Ils ont été dépités de devoir marcher

Sur des cadavres encore chauds.

(Tous les gorilles ont la diarrhée

Et toutes les girafes sont sourdes.)


Kevin et Martine pensent déjà

À l'année prochaine,

Quand les esprits seront enfin

Vaccinés à la love suprême. 

Gamme

J'avais un chat noir qui jouait

Dans la neige blanche.

Il s'appelait Abdou.

— Pourquoi pas Claude-Achille ?

Prudence Ipé

On l'appelle Ipé,

Elle a perdu sa laisse

Et donne son adresse

Sans même y penser.

Cent onze fois on lui a dit

De ne pas être si hardie.

Mercredi

Dans le fromage, les jolis

Petits vers blancs tout joyeux, c'est mercredi.

Une phrase de violoncelle

Dans mon vermicelle,

Et tout est dit.

Sommeil léger

Reynaldo et Hilary,

Quand donc cesserez-vous

De chanter sous ses fenêtres ?

Elle voudrait dormir un peu.

Galop

Encore ce cheval qui piaffe sous mes fenêtres !

Et toujours pendant les pianissimos,

C'est à se demander s'il sait composer !

À la maison

Gianni Schicchi est arrivé.

Marguerite avale ses roses,

Précipitamment.

Ouvrons les fenêtres !

Rhétorique

Scarbo est un rebelle :

Quand Jeanne se déshabille,

Il téléphone, par exemple.

Il appelle l'Horloge parlante.

Le Veilleur

Toutes les nuits, Johnson Johnson

Veille sur un triste vieillard,

Celui qui a assassiné

John Kennedy à Dallas,

Et qui reste assis dans un fauteuil

À écouter sans cesse le Gibet de Ravel.

(Il a bien fallu trouver un emploi !)

Puis, le jour venu, il rentre chez lui,

Se couche, après avoir téléphoné à Faconde,

Et commence enfin à vivre.

Leçon

Écoute bien, et réfléchis :

C'est le concept Lydien qui veut ça.

So What ?

Ajoute un peu de basilic

Et arrête de pleurer !

Chorus

La petite brune, on lui jouerait bien

Un air de trompette,

Derrière les monticules,

Encerclés par les océans.

Elle lit Castoriadis,

Je pense à Marilyn.

De retour après l'Histoire

Robespierre et Déméter sur leurs Vélibs

Déshydratés grave comme deux cons

Qu'ils sont ils vont à Paris-Plage

En chemin s'arrêtent au BHV

Descendent au rayon bricolage

Chercher du lubrifiant

« C'est pour la chaîne. »

Bref Résumé

Rome espère en Pierre

Mais, sous la robe,

Des mères, des mères, des mères.

« On n'est pas à l'abri d'un succès. »

Solar coaching

Johnson Johnson n'y arrive plus.

(Il y aurait un goulet d'étranglement

Au niveau du paraître.)

Il a essayé le HTML 5 ?

Béchamail du bobo

Houellebecq au hublot

Darrieussecq au zoo.

J't'envoie un mèle,

Ma Chamelle !

Pense au lubrifiant.

Tête à l'est


C'est la fête des fesses.

Je mets ma veste

Et j'entre, leste,

Dans la grande forêt

Où attend mon abbesse

Au derrière parfait.


(À Raphaële)

Lapin laqué

« A-t-elle des pigments sous les bras ? »

Il pose des questions dans ce genre, tu vois !

Je vois je vois. Il aime le curry ?

Consultation

Le mire de Marie,

Sa barbarie

Au bain-marie,

Lui dit une plaidoirie

Rimée en Syrie.


Elle rit, ôte son sari

Et montre ses caries.


(À mon Médecin)

Rond-point

Explique-moi.

Je ne veux pas.

Ne m'explique pas.

Je lui explique.

Baise-moi.

Je la baise.

Sur le Râle majeur (Naissance du Vent)

Kagi se met à la chanson, il a bien le droit !


I.

Quand vint Harry sous le vent divin,

Encore vivant sur le divan à viande,

Arrivant, soulevé, virant

Et rivant son clou à Hilary

Pêchée sous Lee à la ligne

— Les harengs au thym

En soulier de Latin,

Les hautains merlans de Merlin

Et toute la clique du haut Malin,

En hommage au homard nain,

S'exposant au MoMa mammaire —

L'amer sommaire en pose lactée

Virée à vie d'avant l'arrivée

De Vincent aux cent vingt journées

Portes ouvertes d'Hilary

Au lit, hilare, épilée sans fil,

Dans un filet d'huile et gousse pilée,

Qui pince sa mousse de miel

Et le fiel du ciel qu'elle pousse

En douce comme un virelai

Jusqu'à l'œil de Lee,

Harry, fier, tousse sous l'aride Hilary,

Un bon tiers à la bière,

Et souligne du gilet le rai sans nerf

De la cuillère à lumière,

Rit en filets de mille remises en signes,

Marquis à devises et soumis aux plis

De sa sodomite en miettes

Qui sur lui mise ses billets verts.

Pas une ride dans la raie mineure

D'Hilary ne dévoie Harry

En quête du Râle majeur !

Hilary V. a viré Lee

Et gît sous les épis libres

À rebrousse-moelle du

Vit de Harry éventré,

Vissé aux larmes du glacier

Soulevant l'évent de l'avant

Dans la paume d'Adam

Délivré de sa côte mal amarrée.

Une Gifle

Ah mon vieux, la claque, mais alors la claque !

J'ai bu trente six chandelles et j'ai mordu les rideaux.

Mais pourquoi ? Comment ?

Je ne sais pas, mais alors la claque !

Magma spontané

Acclamations ! Stupéfaction ! Raréfaction !

C'est un moteur à trois temps,

Prenez-en votre parti.

(Quand il ronfle,

La terre s'ouvre.)

Feu de brousse

Un cul tout rond, un cul long en bouche,

Avec une attaque cuivrée, frémissante ;

La modulation arrive dans le développement,

Juste à temps pour le grand incendie.

Investissement Norwest

Un corps sain dans un esprit sain,

Pour vivre caché, vivons heureux.

(Faconde revisite le fatrimoine,

C'est plus fort qu'elle,

Il faut toujours qu'elle se resserve.)

Écrits du soir

Mon grand-oncle Jérôme était droitier.

Mon grand-père Jérôme était droitier.

Et Schubert, droitier ou gaucher ?


Kagi, ta soupe va refroidir !

On arrive !

Frottis de picolos, gifle de trompettes,

Coup de timbales sur la tête,

Pincement de bassons.

Viva España !

Le Tricorne

Delphine s'appelle Adolphe, maintenant.

Est-ce que Marinette le savait,

Quand elle a quitté Henri ?

La vie est bien compliquée,

Où ai-je mis mon tricorne ?

Scènes de la vie quotidienne

Quel calme au fond de l'océan !

Les grands poissons sont très lents ;

On a parfois peur

Qu'ils s'endorment en nageant

Et amerrissent dans le salon.

Allez !

Johnson Johnson soulève ses haltères,

Puis, tout sourire,

Il se jette par la fenêtre.

Le mardi, c'est toujours comme ça,

Il est pressé d'arriver en bas.

Émail et ivoire

De la dentelle, dit-elle !

Oui, peut-être, mais

Vous êtes en train de me mordre.

Sur le quai

À la vitre, elle agite le bras.

J'essaie de pleurer, ça me rend triste.

Allumons une cigarette et n'y pensons plus.

C'est la rentrée !

Elle me dit :

Inscrivez-vous !

Mais si je ne veux pas tomber amoureux ?

(Tous ces amoureux, par terre, ce n'est pas très propre.)

Taisez-vous !

On me dit souvent que mes polèmes n'en sont pas.

Quelle impudence !

Comment savent-ils ce qu'est la polésie ?

Marinette

Quand Marinette est partie, Henri a cessé de vivre.

On a raconté qu'elle était allée vivre avec Delphine,

Mais je crois qu'il s'agit d'une médisance.

Ma mère et ma sœur ont perdu une amie,

Moi j'ai regretté sa voiture.

Religieux

Duspasme engloutit sa cathédrale

Comme qui dirait sur le bout de la langue.

Goinfre !

Portrait

Elle fronce légèrement les yeux,

On se demande si c'est la même chose

Un peu plus bas.

Dimanche matin

Devant une tasse de café

L'heure se fait toute petite,

Elle ne bouge plus.

Rameau

Pourquoi Rameau ?

Parce que j'ai envie d'

Être seul avec vous.

« Tu m'aimes ? »

— Mais c'est le même !

— Pas du tout, c'est le miel.

Avec ces mails, on ne sait plus.

Commerce

— Je paie comptant.

— Vous paierez si on vous demande de payer.

— Vous êtes folle.

— Je suis contente.

Sèches

Les belles sœurs, suspendues par des pinces,

Comme des quintes parallèles

Sorties de nulle part.

Rose

Je peux ?

Le ciel est rose

Comme sa chatte

Quand elle ouvre les jambes.

Le Vent

Sous les jupes des femmes,

Tout est possible,

Même le vent.

(À B.)

Les fjords sur leur trente-et-un

Comme il est joli, le vieil hérisson glabre !

Tout droit sorti de son palais de glaces,

Il escalade les anchois et se laisse glisser

Jusqu'au delta caché qui

Baille comme un écrivain.

Après le col

À cette hauteur, Dvorak ne

Peut que se taire à nouveau.

C'est bien fâcheux, disait la Comtesse,

C'est bien fâcheux, plus qu'un peu,

Et même si sa robe s'ouvrait

Comme par miracle,

On devinait un grand désert.

En quinconce

Mais que X. paraisse et tout

Au-delà est abîmé

En quinconce, comme si

Le jour ne s'était jamais

Levé sur les rizières.

Il faudrait tout de même

En donner des preuves,

Qu'on puisse en paix

Boire à sa santé.

Vers la retraite

On aperçoit Duspasme dans le cortège,

Il joue de la guimbarde, il est en slip léopard.

Sur son dos, Kagi harangue les manifestantes.

Faconde joue de la trompette, les joues creuses,

Le ventre ballonné. Mendelssohn ne dit pas un mot.

Dur métier (faire)

Mais que vous soyez gay ou zoophile,

Votre actualité est d'une parfaite synchronicité

Abdelramane veut en finir avec son image,

Et sa gourmandise n'est en rien

Les parents se précipitent sur le petit

Corps, mais il est trop tard pour

Johnson Johnson aime les fraises au sucre,

Il ne se nourrit plus que de

Par quatre fois, il a tenté sa chance

Mais la polésie ne se laisse pas

Pinèdes

Les corps glorieux ne meurent pas.

Des îles Lofoten nous parviennent

Des octaves augmentées de miel.

Les étés des années soixante-dix,

L'odeur des pins et la

Couleur des genêts,

Tout conduit à la résurrection.

Gonflées

Toutes les figues

De mon jardin

Se mettent à me faire

De l'œil en même temps.

Gonflées, mûres et chaudes,

Elles sont irrésistibles.

Salope !

Kagi était jeune encore.

Il dormait en bas, là où

Les instruments se trouvaient.

Faconde, juste au-dessus,

Faisait l'amour en hurlant comme

Une bête : « Encore ! Encore ! »

Nue, elle descendait par l'échelle

Et passait juste à côté de K qui

Faisait semblant de dormir…

Elle allait pisser dans le jardin

Dans la nuit rauque et interdite.

Théâtre

Faconde parle encore :

« Il y avait de l'écho dans le morveux,

Il y avait un écran entre nous. »

Au-dessus de nos têtes, dans un filet,

Les couples qui font l'amour

Ressemblent à des provisions

Pour la semaine.

Albert voyage

Elle voulait faire l'amitié avec Kagi !

Duspasme prit le train à Garches

Et descendit en marche,

Juste avant les grands incendies.

Illusion

Bérangère le fauve

N'a pas d'ombre au creux

Du bras, malgré qu'on l'ait cru.

(Elle mange un yaourt

Au lait cru.)

Farine media

« Kagi raffole des châtaignes séchées. »

— Mais que voulez-vous que ça nous fasse ?

Les journalistes n'ont jamais

Rien compris à la politique.

Temps mort

« Seules les nuits que nous passons seuls

Nous apprennent ce qu'est l'amour. »

— Arrête, Johnson, on dirait du Cambier !

— File sous la douche, Elvira, j'ai du travail.

Seule

Faconde, sous la douche,

Pense à la nuit de Budapest.

Encore mouillée elle se couche

Dans la nuit palimpseste.

Ton volcan - Point d'orgue

Vagues, plus vagues moins vagues,

C'est toute une combinaison d'odeurs,

C'est le doigt levé vers l'Ut,

Et dans un grand crescendo

Une apocalypse de neige fondue.

(Et puis…)

Négocier

(La Russie ne peut pas mourir,

C'est comme moi, je ne peux pas.)

Même si Faconde sue abondamment,

Elle traverse le détroit avec adresse.


À deux cents roupies, on la devine radieuse.

La Femme

Des hanches de bouteille,

Un cul de lampe,

Un col fermé.


Elle avait tout prévu.

À Venise

Se lever tard et plus d'aventures.


Comment ne pas ouvrir les yeux,

Toujours trop tard,

Tout près du mur ?

Au clou

Fondre les définitions, pendre les paroles,

Employant le même sang à les arrondir,

Les laisser dire même et surtout

Jusqu'à l'exaltation du désir.

Vivre dans la familiarité du plaisir

Comme si perdre la vue menait

À l'aube de l'intelligence.

Elle et Lui

Parler en silence :

Les protéger du monde,

Leur parler doucement,

Déplacer le parasol,

Et sentir qu'ils sont bien là.


(à mes parents)

Le Voyage

« À ta place, Dieu. »

Sous les tunnels, nous nous taisions,

Ça sentait la pomme et le savon.

Et le rythme, comme Sa Parole

Enroulée aux essieux…

Traitement pour le Roi

Qui parle ?

Qui est-ce ?

Quiproquo.

Hymnes

« Je te le répète. »

— Tu me l'as déjà dit !

— Je sais bien, avec toi

Il faut tout dire cinq fois.

(Dans le puits de ses oreilles,

Mes cendres dispersées

Comme au hasard)

Dans le corridor

Je montre mon couteau pour l'effrayer

(J'en profite pour créer une chaire d'éthique) :

Faconde Norwest ouvre la bouche

Et j'appuie sur le bouton.

(Clic !)

Ah, si j'avais su, dira-t-elle trente ans plus tard,

Au micro tendu par sa descendance.

Les plis légers

Sa voix, sa voix comme une cire chaude,

Table ouverte, elle coule

Mes cartes dépliées, nous

Étudions la bataille à venir

Pssst ! Par là, Signorina…

Elle me bande les yeux :

Ah ah ah, je ris et je bande.

Pssst ! Le chapeau et les perroquets

Du Maître sous sa robe d'été.

Froissements d'ailes…

Catalogue

Mille et trois en Espagne,

Mais j'ai oublié mon passeport

Sur la commode.

Johnson Johnson appelle le garçon d'étage

Et lui lit Justine,

La télé diffuse la messe.

Pendant ce temps, elle joue au tennis,

Comme si de rien n'était.

(Sous les masques, la sueur)

Charlie

Zig-zag de l'Oiseau pressé :

Il courbe le fer, il déroute l'amer,

Il perfore le plomb

D'un geste acide et fier.

À la mer

Sans sel depuis le haut des cuisses

Nous partons en voyage.

Les vagues sont hautes

Comme de vieux mages.

À babord ça glisse,

À tribord ça saute.

Grand soleil

Jusqu'aux orteils.

Fin de l'être

« Sois efficace ! dit la guêpe. »

« Sois perspicace ! dit la tortue. »

Mais le temps courbe ses ongles

Pour me les planter dans l'os.

(Agir n'est pas une sinécure)

Attaques

Mon quatuor est tout de quoi,

Mon sextuor est tout de sexe,

Mon duo est assez dodu,

Mon quintette est tout en tête,

Et presque en ut.

Sur mes archets la vie est tendue

À rompre.

Dans les marais

« Glouck ! » « Glouck ! » « Glouck ! »

Ça fait glouck à chaque fois qu'ils tirent dans l'eau.

Faconde respire fort, je vois sa poitrine monter et descendre.

On a très peur (elle est bronzée de partout) mais ce que c'est bon !

Menuet

De l'autre côté, ah, de l'autre côté !

Ah ça oui ! Toujours par delà, toujours

Ceux qui dansent le menuet

Savent de quoi je parle.

(Je me comprends)

Les miroirs (ailleurs)

Quelle foire mes amis,

La glace est noire de monde !

Jean Santin et sa femme,

Bras-dessus bras-dessous,

Ne voient personne,

Et vivent (l'instant) comme si.


Ils ne font pas de bruit,

Passent et trépassent.

Conséquences

Titus et Uranus battent des ailes

Comme deux abeilles

Au bord du Gange.

Ça sent fort !

(Et encore, Hactor est couché !)


— Longtemps ?

Pont

Saccage et Simon à la nage

Rendus avant l'heure

Sur le petit pont

Comme tous les soirs.


Une poire et des raisins,

Quels intestins

Au réfectoire !

(Mais trop de beurre…)

Duo

Où habites-tu, fillette ?

Elle ne répond pas.

Qu'attend-elle pour perdre

Son anneau ?

(Les amateurs surprennent toujours.)

Buissons

Et c'est lent, mais

Pas de vent.

Sous les buissons

On voit sa culotte,

En rond et les bottes.

(C'est fait)

À Uchaux

À Uchaux, là-bas.

Derrière les pianos

Les fourneaux froids.

À table la Comtesse

Assise sur ses fesses.

(On y pense…)

Dire

Cire coule

Coule, coule et coule.

Cire et récit sans écrire

Ça.

Ça roule et c'est pire

De le dire.

Impassibles et assises

À l'octave

Sous le ciel déjà

En trait-d'union

Elles donnent aux trombones

Par-delà le jambage

Tout coton entre

Des airs sentencieux

Les arrêts Da Capo

Quand Anselme crie

Au jardin la laine

Bien trop tard !

Roue libre

Cacophonie et Faconde sur leurs vélos

Se fendent l'abricot tellement

Elles rient.

En roue libre comme des hirsutes

Elles avalent tout se qui se présente.


Un notaire les regarde passer

Et les salue du gland.

Au point où nous en sommes

Au festival, les mouches

Sur la touche à la corde.

Pendant la durée,

Il faut marier les grandes orgues.

Précautions

Docteur Simon parle en mon nom :

Que celui qui se cache se lève

De sa couche pour se moucher

Prudemment.

Lourdes vapeurs

Si, dans la nef, un nerf solitaire

Brame comme un cerf,

Si, dans la serre, Mathilde

Rêve d'un Tristan ordinaire, et si

L'ange s'arrête, aux premiers chagrins,

Je vous conseille de mettre la clime.