Buissons

Et c'est lent, mais

Pas de vent.

Sous les buissons

On voit sa culotte,

En rond et les bottes.

(C'est fait)

À Uchaux

À Uchaux, là-bas.

Derrière les pianos

Les fourneaux froids.

À table la Comtesse

Assise sur ses fesses.

(On y pense…)

Dire

Cire coule

Coule, coule et coule.

Cire et récit sans écrire

Ça.

Ça roule et c'est pire

De le dire.

Impassibles et assises

À l'octave

Sous le ciel déjà

En trait-d'union

Elles donnent aux trombones

Par-delà le jambage

Tout coton entre

Des airs sentencieux

Les arrêts Da Capo

Quand Anselme crie

Au jardin la laine

Bien trop tard !

Roue libre

Cacophonie et Faconde sur leurs vélos

Se fendent l'abricot tellement

Elles rient.

En roue libre comme des hirsutes

Elles avalent tout se qui se présente.


Un notaire les regarde passer

Et les salue du gland.

Au point où nous en sommes

Au festival, les mouches

Sur la touche à la corde.

Pendant la durée,

Il faut marier les grandes orgues.

Précautions

Docteur Simon parle en mon nom :

Que celui qui se cache se lève

De sa couche pour se moucher

Prudemment.

Lourdes vapeurs

Si, dans la nef, un nerf solitaire

Brame comme un cerf,

Si, dans la serre, Mathilde

Rêve d'un Tristan ordinaire, et si

L'ange s'arrête, aux premiers chagrins,

Je vous conseille de mettre la clime.

Tlangage

Chaudeflûte est en train de crever son plafond.

La toison bleue déplissée par le vent,

Il ne sait plus comment s'arrêter,

Les jambes en éventail

Et le cadavre à la poupe.

— Hûûûûûûûûûûûh !

Carlitos

Carlitos est bien peigné.

Il met sa casquette, et

Joue Chopin comme un pompier

Qui rallume les incendies.

(à mon Maître, Carlos Roque-Alsina)

Les roses d'Albeniz

El Albaicin, El Polo, Lavapiés.

Onze doigts autour du pot,

Dans la confiture d'ivoire.

Ces Espagnols me rendront fou !

Résistance

Le scandale du parapluie, vous vous rendez compte ?

Le scandale du microscope !

Le scandale du bikini !

Chaque jour se révolter,

L'injustice va sans cache-sexe.

Et jouer du piano, par-dessus le marché ?

Gamme par tons

« Au fond ce qu'il faudrait c'est

Passer l'éponge sur tous ces nuages. »

A Almeria, dans le grand lit,

Elle a sorti le grand jeu.

Trop tard

Cristaux, rayures, paravents.

Tout un assortiment,

Quand est venu l'aube.

— Pauvre de lui, trop tard !

Désaltérer

Les petites suites en bémol,

Sans amour vous ne pourriez pas

Désaltérer, secouer, faire escale.

— À la tête, tout de suite !

Fidel à la pompe Castrol

Hi, Kagi !

Toujours fidèle au poste,

Quand je remplis le ré

Servoir de mon auto,

Je le vois, le gros

Barbu et son cigare.

Qu'il n'approche pas ou

Je ne réponds de rien.

Vrai : dans ces moments-là,

Il faut se concentrer !

Aïe ! Pan ! Pan !

Sixte napolitaine

À la radio toute, une poignée d'idiots

Je lâche, les cigales sur le populo

C'est dramatique, comme de l'art.

Au cadran : sixte napolitaine.

Sauf le bouton !

Sauf le bouton, lui dit Faconde !

Tonton Albert a encore déconné,

Il a des poils qui lui poussent sur le nez.

Et voilà ! Elle est furibonde…

Passacaille (2)

J'ai vu passer la cavalière

Couchée sur le flanc

Et j'en suis tombé amoureux

Comme un beau caprice

Elle tire la langue

Couché sur le flanc

J'ai vu passer la cavalière

Comme un beau caprice

Quartet in my pocket

Tony a mis le paquet,

Miles a soufflé dans le tas,

Ron a tiré la corde,

Kagi tient la porte.

(Ça finit toujours comme ça.)

Dispute

Elle et lui semblent ne pas se voir.

Pourtant on les entend se battre.

Ça fucking crépite de la barbe…

La Chambre

Il est dans un cercle.

Philosophe-araignée, quand

Il agite ses pattes,

La toile tremble.

Quelqu'un

Elle est dans un carré.

Sur la boîte, il est écrit :

« N'entrez pas,

Quelqu'un veut sortir. »

Halte au feu !

Chenderlin sur le tard,

Comme un vieux lupanar

En train de composer,

Il fallait oser !

La farce du destin

— T'as un clope, Bazajet ?

— Et comment se porte Madame votre mère ?

— La-si-do-mi, la-si-do-mi, la-si-do-mi, fa fa mi.

Événements

Elle se lèche la queue

Et les cigales arrivent en Normandie.

Bien la peine de partir en vacances !

Passage

Une à une

Elles passent et repassent

Devant le parc aux mensonges.

Trois lunes se voilent,

Deux soleils pleurent.

Rien n'y fait.

Morsure

Se mordre la queue,

Quand on y pense !

(Après les heures viennent les danses.)

Dans le Gard, c'est la bagarre

On lit un polar.

Il se fait tard, et

Voilà qu'ils roulent plein phares !

Edgar en a plein le dard,

C'est moi qui vous le dis !

Clifford

Clifford marche, il porte un grand chapeau.

Entre les quatre murs blancs,

Je me remémore l'odeur de sa pipe.

(Mais allez-vous vous taire ?)

C'est l'été

Caducé et sécateur, nonobstant,

En plein soleil.

Les garces n'en font qu'à leurs têtes !

Le cuir ferme les yeux

Sur leur aventure.

(Il faut bien que l'heure passe !)

Élise et Irène

Élise et Irène ne s'écrivent jamais,

Ne se téléphonent pas,

Ne se connaissent pas,

Ne se sont même jamais rencontrées.

(Les voyageurs sont bien arrivés,

Il fait déjà chaud.)

Source

Aldo Ciccolini joue Evocation.

Dans les bosquets du plaisir,

On entend la source

De tout amour.


— Sans paroles, vers l'orage.

Géométrie

Pourquoi évitez-vous la symétrie, Kagi ?

— Parce que nous aimons les anges.

— Parce que la musique.

Tu parles

Personne ne comprend,

C'est une évidence.

Je ne comprends pas l'évidence.

Sur la table, et même à côté,

Quelques mots, en trop déjà,

Pour parler de l'évidence.

L'évidence ne comprend personne.

(Je me comprends.)

Carton

Duspasme Albert, peintre de vulves.

Brantôme Mélanie, poétesse illettrée.

Bin Loden Vianney, recruteur.

Beulemans Nadine, décroisée urbaine.


Ont l'honneur, etc.

Raser

Pour un rasage précis et doux

Préférez Kagi et Kagi :

L'apolésie qui rase de près,

Sans arracher l'anneau.

Le Grand Matin

Elle était du genre bien en chair ;

Elle aimait le melon et les fraises.

Le bateau n'attend pas

Quand la nuit se retire.

Canotage

J'ai loué une barque.

Elle rame, je rame, nous ramons.

« Pourquoi ne me regardez-vous pas ?

— Parce que vous me regardez trop. »

Rêves

Je dors sans dormir

Je pars sans partir

Je souffle sans respirer.

— Quels rêves que les miens !

Typhon

Ma collection de pièces.

Je ne joue dans aucune d'elles

Mais je brûle tout de même.

Heures

Un joli petit paradis,

Sans culotte ni répit,

Et le soir qui ne vient pas tout à fait.

Durée

Encore un jour

Et la plaque de marbre

Va se détacher.

Déclaration

Quand Johnson Johnson me regarde,

Ma colonne de droite est torve.

(Je leur avais bien dit, aux impôts !

Je veux bien payer, mais à condition

Que les petits artichauts soient cuits.)

Le pont du Gard

Aristote, enjoué, tirant sur sa pipe :

« Tout à l'heure, j'ai aperçu Faconde sur le pont du Gard ! »

Socrate, piquant une frite :

« Toute nue, sautant sur un matelas rayé ?

— Je ne sais pas, il y avait un gros nuage. »

Traces

Tu dis cela d'une voix qui vient du bout du monde et

L'écrire est comme jeter des insectes sur la page.

Littérature

Quand je pense à la Duras, j'ai de l'eczéma.

Mais il suffit que Lola écarte les jambes

Pour que le soleil revienne.

La Goutte qui fait déborder le naze d'Or

Soliman, il est bientôt six heures,

Tu nous sors le sauciflard ?

(Pas de fumée sans œufs, dit le commissaire !)

Pendant que Sarah varie,

Moisie comme France,

Et l'Autre, en transe dans sa poussette,

Qui baille aux burquas,

Les Gaulois font des bulles

Et désormais dînent avec les gazelles,

Celles qui chient aux champs.

(Pas de fumée sans jeux, dit le casoar !)

Liquidez tout et amenez-moi cet individu.

Oui, le Vice-Consul ! à la Goutte d'Or !

Or, le piment était passé ;

Passé comme une huître belge,

Gros bourgeon sale et morveux.

À la Goutte d'Or, ça plaisante pas

Avec les passants.

(Pas de fumée sans eux, dit l'associatif !)

Mais Anne-Marie et Lola-Valérie baissent les yeux,

Ça leur évite de voir les heures sombres

Et les testicules du préfet.

(Pas de fumée sans nœuds, dit le prompteur !)

Entre

Zwischen !, et nous étions très attentifs.

Comment oublier cette préposition,

Postée à l'aube comme une annonciation,

Entre les deux seins lourds de Mademoiselle,

Séparant, calme, le ciel de la mère ?

Depuis, j'aime les raies et la musique,

Les frontières, les vallées, les ruisseaux,

Les plis, l'attente et les formes,

Et le contrepoint.

Le Point

« C'est tout un point. »

« Sur le museau, un trousseau de clefs. »

« Sérieusement, j'en doute. »

« Estimation gratuite, engelures garanties. »

« À l'étroit, quand la vie afflue. »

« Un désordre de pute. »

« La massification du cœur. »

« Deux gélules dans un grand verre d'eau tiède. »


Ce matin, Kagi range quelques phrases. Il fait le point, il les mesure, il les pèse, il les renifle, puis il les met dans des petits sacs en plastique. Ensuite viendra la ponctuation. (Ne pas oublier les prépositions.)

à B.

Dans de beaux bras

« Ils sont plus longs que mes bras,

Ils sont plus longs que moi ! »

Pourquoi ne voudrait-elle pas

Savoir la couleur de mes draps ?

Justesse injuste

Justine était gracile dans les glaçons,

Ça ne pardonnait pas !

Justin était pubère et pudibond,

Juste ce qu'il fallait !

Sans espoir, ils eurent pourtant

De très nombreux enfants,

Des ces enfants qui sont

Comme des vieillards en transe,

Pétrifiés d'enfance

Et glacés d'argile lourde.

Johnson Johnson dit alors :

Voilà la France !

Juste la France !

@ +

Dans son immense bonté

Et dans le creux de la voix,

Comme un cygne fatigué

Qui a trop entendu les humains

Se plaindre de leurs lois,

Il fait un geste de la main

Qui signifie qu'il s'en va.

Avant l'été

« Ne me touchez pas ! Ne me touchez pas ! »

Kagi Ku, lorsqu'il va à la ville, essaie la formule

Sur les passantes jolies qu'il croise.

Le résultat n'est pas à la hauteur de ses espérances,

Mais l'été n'est pas encore tout à fait là !

Les dimanches de M. Croche

Devant l'écran, une odeur de fraises et d'essence

Timide dans les percussions

Facile dans les pardons

Giclures d'absence

En rythmes impairs

Constat à l'amiable

J'arrive en bas de chez elle et je dépose mon cierge.

Mon caramel en poche, elle se tire la mangue :

Cette idiote a ses loches sur ma langue

Et ses nougats sont étalés sur la serge.

Un chapeau mou, mou comme le démon,

Une libellule fraîche, fraîche comme un hélicon,

Tout ce foutoir comme un mauvais sermon.

Qu'est-ce qu'on peut faire ?

Fins

La clarinette, dans son lit de cordes.

Tante Antoinette s'assoupit dans le fauteuil.

Le soir vient, ça sent la soupe au jambon.

J'ai mal à la tête. Il faut finir ce qui est commencé.

Les désarrois du pêcheur de moules

Sentimentalement, il est bas.

Intellectuellement, il est las.

Spirituellement, il est ça.

Pas à pas, il s'en va.

Là, et encore là.

On the road

Elle passe sa langue sur ses doigts.

(À côté du port, nous nous arrêtons.)

— Tire les rideaux, voyons, et lâche le frein à main !

Action

Caprice mineur : c'est le citron.

Caprice majeur : c'est le bonbon.

Modulation : les abricots sont chers, cette année !

Quadrature étrécie

Françon Mattois nous envoie des messages.

Françon Mattois croit que nous existons.

Françon Mattois veut dialoguer.

Françon Mattois n'existe pas.

Dialogues désincarnés

À quelqu'un qui lui demandait le prix du plaisir,

Faconde répondit qu'elle ne lui faisait aucun crédit.

— Mais ce n'est pas ce que je vous demande !

— Mais moi c'est ce que je lui réponds.

Perdre le nord n'est pas son fort, à la Faconde.

Flutter

Sur les sept heures quart, Johnson Johnson

Met ses baskets et va faire son floutting.

Autour de la maison, il flutte

À pieds disjoints, en mode lydien.

Sur son arbre perchée,

Faconde le regarde et se moque.

Mais la pauvrette ne sait pas tout…

Se vuol ballare

Trotsky est devant, son chapeau à la main.

Malembert appuie sur le champignon,

On s'enrhume sous le ciel bas.


— Avanti la machina ! c'est moi qui régale !

Vigie

Corset moucheté, pilule dorée,

Le feuillet se dissout à l'aube.

À babord, Johnson louche un bon coup.

— C'est fou ce que ça fait du bien,

Dit le matelot dégrisé

Par tout ce sel.

J'aurais pu l'écrire

Elle penche la tête.

Elle s'assied sur moi.

Elle me plonge en elle d'un coup.

Je jouis.

(à PQ)

Voir

Ce sont trois petits avions

Dans le ciel bleu, immense.

Léon dit : « Ce sont trois petits avions. »

On les voit.

(à Léon Z)

Ne pas finir

Contre cette nuit si personnelle

Elle en veut au trépas.

À mon avis un sacré compas

Sur la feuille plissée de ses ailes !

Déjà, on respire dans

Le bruit du rêve (après Satan)

Faconde, je surprends la nuit de ta trouée ;

Tes seins sont nus, ta face est de lueur baignée ;

À quoi rêves-tu seule dans ton noir grenier ?

Faconde répondit : — Je serai l'attouchée

Et j'ai la hanche au loin dans la blonde où nous sommes.

— Qu'est-ce donc que tu fais ? — Une bouche pour l'homme.


(à Hugo Victor, le fils à Marcel Victor.)

H, comme huit

(Cachés, à l'hôpital,

Dans la chambre de garde.)

Sur la couche, Homère coache

Son Hactor en plainte totale.

À huit et demi sur la hache

On dirait que ça barde.

L'image

Rien que lui avec les morts,

Rien que lui parmi les ombres,

Sans arrêt devant le lac,

Il peut deviner les voix,

Brouillées et éternelles,

Qui, sans un bruit,

Dévorent le temps.

N, Nefertiti

Son nez, son pied, son œil…

Quatorze jours après la lune

Sous mon regard en deuil

La reine s'enfuit dans les dunes.

À sa noble croupe attaché,

Je ne suis qu'une aile coupée

Dans le long rêve inhabité.

G, septième scène

Pilus et Capillus en viennent aux moins.

Faconde Norwest, souvent à pied,

N'en revient pas toujours intacte.

Sous son bonnet G,

Elle se gratte le col,

En mode phrygien.

(Kagi s'en lave les mains.

La seule chose qui l'intéresse

C'est de voir la scène capitale.)

Au four

Elle commande aux deux brioches :

« Enfarinez-vous, nous n'avons que peu de temps ! »

Mais les belles écouteuses ont d'autres projets.

Le ciel est toujours cerné de feinte,

Quand la nuit a été fine dans le moulin.

Tennis

Les balles dans la culotte,

Un mètre quatre-vingt huit

Plus loin, la Russe

S'adresse à ses orteils.

— Quelles couleurs dans le sommeil !

F, sixième lettre en fantaisie érotique

(FFFF. Pas de faux pas.

Trépigner sur la fesse, oui, mais

Alors du premier coup !

Car la fin est proche.)

Si Pan ment

Dans la pente, fortissimo,

Et que Dante est hanté

Par la glose de la Chose,

Alors l'Infante se défend mal, très lente.

(Pas de désir qui ne soit le pire :

Six ifs feulent et frottent leurs feuilles

Aux phares vides et fendus.)

Sur le seuil, Kagi s'interloque en extase :

Foutre ! Si seulement et si le repos…

« Nous ne sommes pas en phase »,

Dit alors le fou en fa dièse flou,

Mais seulement pour faire une phrase

En guise de sonatine.

« Casse-cou, casse-cou ! »

Faconde abonde en aparté,

Mais, toujours aussi pileuse en fa,

Elle reste sur la corde, sous le pli

De la sage didascalie

À la menthe.

On la trépane donc

Très sucré.

Sans émotion apparente, elle tapote le 24e concerto.

« C'est pour la mémoire. »

(Huile douce et nectar sec dans la fente)

— Modulez ! Mais modulez donc !

(On voudrait l'y voir…)

Sur ce, Clara reprise ses écrans :

Tout nous tente,

Depuis la fiente jusqu'au talon.

Il s'agit de ne pas s'endormir.

L'effraie marche, là-haut,

Et le miel coule à flot,

Nous bouche les yeux

Et nous étouffe de son sirop

En climax tremolo calme.

E, cinquième lettre

« Don't ever leave me. »

Èva ne se cache même plus pour lire…

Charlie lui dit à l'oreille, E,

Des choses mêmes pires.

Il hésite, puis se jette à l'eau

Et lui déchire son chapeau.

(Tellement nuE

Qu'on ne sait plus.)

D, Soutien de famille

Soutiens de famille et jumeaux,

Ils portent des bonnets

Plus profonds que l'abyme.

Au chaud dans ces cornets,

Deux sages devant leurs trumeaux

M'essayent à la rime.

C, troisième lettre

Soudain, plötzlich, tout à cul,

Cathy cesse immédiatement

De jouer des castagnettes

Et rentre au château,

Son cratère encore fumant.

(On en reste là, la course ou la vie.)

Sur la commode,

Une lettre non ouverte.

(Les quatre cors sonnent,

Le grand-père pourrait se fâcher.)

— Mais l'oiseau…

B, deuxième lettre

À babord, on peut aber

Cevoir la baie des Bochons.

Barcel Broust est un écri

Vain français dont seuls les Ka

Gi ont entendu barler.

Gilles Beleuze et son a

Bébébaire eurent un grand

Subcès lorsque j'étais jeune.

Brigitte Bardot aussi !

A, première lettre

Elle allait, disant alentour :

« Je porterai des bonnets A. »

On ne réfléchit pas,

On lui coupa la tête.

Dans le vent

Les grands naseaux et la main des femmes…

Les hommes furieux et les horizons qui leurrent…

Quelle salade !

(Kagi se balade sur la falaise,

Il ne comprend pas ce que le vent lui dit.

Il neige au mois de mai…)


— Rentrons !

La Loi

Mois de mai, joli mois de mai,

Pourquoi reviens-tu chaque année,

Comme si de rien n'était ?

Pourquoi cette cruauté,

Pourquoi pourquoi pourquoi toi ?

Mais toi, mais moi, mille et une fois,

Je compte sur mes doigts,

Sans le secours du pourquoi,

Sans le recours de la joie.

Sauf le vent

Au marché, Faconde achète trois concombres et onze asperges.

Elle chante à tue-tête, en reprise comme en charme.

Personne ne sait à quoi s'en tenir,

Sauf le vent.

Prise par le silence, elle agite ses grands bras

Et tombe dans les fougères.

Divertissement

Pour me divertir,

Sur la table, je dispose le sel et le poivre,

Et sur ses pieds je verse le vin.

Elle glousse.

Il faut maintenant remuer la mousse !

Les seins en conclave

En cercle, ils sont assis.

Sous les voûtes, on entend rire Despina.

En entrant, Kagi enlève son aréole…

Plusieurs fois qu'on lui dit !

Au beurre et à voile

Elisabeth !

En Mésopotamie, on mange des os à poil.

L'homéopathie est un remède à moelle.

Si ça continue, je mets les toiles.

I m'parle rien qu'en Joual.

Elisabeth !

Ecrit

De l'arrachement, est-il écrit

Sur la culotte de peau de Kagi.

Comment savoir si le pli est pris ?

Ouverture

— Maman, j'ai mal à la vulve.

— Tais-toi et mange ta soupe.

Carina aime les épinards ;

Elle a de grands pieds

Qui sentent très bon.

Aussi.

À l'écart

— Comment ça que ça ?

Rien n'est jamais sûr,

Il faut cueillir les poires

Avant que l'ombre pèse

Dans le lit noir.


Que ça.

Au travail !

L'apolésie se fait au lit,

Comme la Mour.

C'est l'apolète qui l'a dit.

— Kagi met ses plus beaux atours

Et sort prudemment de son nid.

Logos

— Quelle longueur ?

— Que ça tienne dans la main.

— Le vent se lève.

Bourses

Kagi, assis sur une marche,

Rédige un hymne.

Les fruits trempent dans le sirop ;

Il en faut plus pour s'attacher.

Faconde Norwest ne parle qu'en ce dialecte

Que seuls les guerriers comprennent.

— Alors toutes les perpendiculaires se couchent.

Entrée

« Écartée large »

C'est écrit au-dessus de la porte.

(Kagi n'entre pas, il écoute :

Un train entre en gare.)

La Porte de Kiev

Alfred, tu n'entends pas sonner à la portée ?

C'est le troupieau des salopiauds

Qui vient pour juger de tes forte.

Donne leur une mauvaise raison de repartir.


— Je vais leur jouer la porte de Kiev.


Mai

Matin de mai,

L'aube accuse.

Ce sont les yeux de la fiancée

Qui ferment mes paupières.

Jusque

Jusqu'ici, sa voix comme un souffle,

Son cœur défaille.

Je reposerai sur ton corps,

Jusqu'en enfer.

La fleur de ses yeux

La porte s'ouvre sous les branches.

Elle m'attrape par les hanches.

La nuit revient de loin.

Point virgule

Espace, point, virgule.

Il s'agit d'un jeu,

Sans gain, sans morale, sans joueurs.

Kagi s'y adonne sans réserve

Quand la fièvre le prend.

A night in Tunisia

A night in Tunisia,

Ce fut la razzia.

Kagi s'en est tiré de justesse.

(Encore une histoire de fesses.)