C, troisième lettre

Soudain, plötzlich, tout à cul,

Cathy cesse immédiatement

De jouer des castagnettes

Et rentre au château,

Son cratère encore fumant.

(On en reste là, la course ou la vie.)

Sur la commode,

Une lettre non ouverte.

(Les quatre cors sonnent,

Le grand-père pourrait se fâcher.)

— Mais l'oiseau…

B, deuxième lettre

À babord, on peut aber

Cevoir la baie des Bochons.

Barcel Broust est un écri

Vain français dont seuls les Ka

Gi ont entendu barler.

Gilles Beleuze et son a

Bébébaire eurent un grand

Subcès lorsque j'étais jeune.

Brigitte Bardot aussi !

A, première lettre

Elle allait, disant alentour :

« Je porterai des bonnets A. »

On ne réfléchit pas,

On lui coupa la tête.

Dans le vent

Les grands naseaux et la main des femmes…

Les hommes furieux et les horizons qui leurrent…

Quelle salade !

(Kagi se balade sur la falaise,

Il ne comprend pas ce que le vent lui dit.

Il neige au mois de mai…)


— Rentrons !

La Loi

Mois de mai, joli mois de mai,

Pourquoi reviens-tu chaque année,

Comme si de rien n'était ?

Pourquoi cette cruauté,

Pourquoi pourquoi pourquoi toi ?

Mais toi, mais moi, mille et une fois,

Je compte sur mes doigts,

Sans le secours du pourquoi,

Sans le recours de la joie.

Sauf le vent

Au marché, Faconde achète trois concombres et onze asperges.

Elle chante à tue-tête, en reprise comme en charme.

Personne ne sait à quoi s'en tenir,

Sauf le vent.

Prise par le silence, elle agite ses grands bras

Et tombe dans les fougères.

Divertissement

Pour me divertir,

Sur la table, je dispose le sel et le poivre,

Et sur ses pieds je verse le vin.

Elle glousse.

Il faut maintenant remuer la mousse !

Les seins en conclave

En cercle, ils sont assis.

Sous les voûtes, on entend rire Despina.

En entrant, Kagi enlève son aréole…

Plusieurs fois qu'on lui dit !

Au beurre et à voile

Elisabeth !

En Mésopotamie, on mange des os à poil.

L'homéopathie est un remède à moelle.

Si ça continue, je mets les toiles.

I m'parle rien qu'en Joual.

Elisabeth !

Ecrit

De l'arrachement, est-il écrit

Sur la culotte de peau de Kagi.

Comment savoir si le pli est pris ?

Ouverture

— Maman, j'ai mal à la vulve.

— Tais-toi et mange ta soupe.

Carina aime les épinards ;

Elle a de grands pieds

Qui sentent très bon.

Aussi.

À l'écart

— Comment ça que ça ?

Rien n'est jamais sûr,

Il faut cueillir les poires

Avant que l'ombre pèse

Dans le lit noir.


Que ça.

Au travail !

L'apolésie se fait au lit,

Comme la Mour.

C'est l'apolète qui l'a dit.

— Kagi met ses plus beaux atours

Et sort prudemment de son nid.

Logos

— Quelle longueur ?

— Que ça tienne dans la main.

— Le vent se lève.

Bourses

Kagi, assis sur une marche,

Rédige un hymne.

Les fruits trempent dans le sirop ;

Il en faut plus pour s'attacher.

Faconde Norwest ne parle qu'en ce dialecte

Que seuls les guerriers comprennent.

— Alors toutes les perpendiculaires se couchent.

Entrée

« Écartée large »

C'est écrit au-dessus de la porte.

(Kagi n'entre pas, il écoute :

Un train entre en gare.)

La Porte de Kiev

Alfred, tu n'entends pas sonner à la portée ?

C'est le troupieau des salopiauds

Qui vient pour juger de tes forte.

Donne leur une mauvaise raison de repartir.


— Je vais leur jouer la porte de Kiev.


Mai

Matin de mai,

L'aube accuse.

Ce sont les yeux de la fiancée

Qui ferment mes paupières.

Jusque

Jusqu'ici, sa voix comme un souffle,

Son cœur défaille.

Je reposerai sur ton corps,

Jusqu'en enfer.

La fleur de ses yeux

La porte s'ouvre sous les branches.

Elle m'attrape par les hanches.

La nuit revient de loin.

Point virgule

Espace, point, virgule.

Il s'agit d'un jeu,

Sans gain, sans morale, sans joueurs.

Kagi s'y adonne sans réserve

Quand la fièvre le prend.

A night in Tunisia

A night in Tunisia,

Ce fut la razzia.

Kagi s'en est tiré de justesse.

(Encore une histoire de fesses.)

Aïe !

Aïe !

Kagi en Siegfried

Kagi marche

Dans le désert.

Il cherche

Son cimeterre.

Son grand cimeterre sous la dune.

Un moment

On aime bien, chez nous,

Les moments à genoux.

On crie au loup,

Alors, c'est tout.

Trop

Trop c'est trop.

(Sans parler du trop-plein.)

Moi je vais vous dire :

J'en ai plein le dos du trop.

Ça suffit.

Il faut être sérieux.

Ça suffit.

Nombre du soir, sombre du noir.

Macha m'a chapitré.

Chapitré, j'ai dit pas châtré.

Le chaman n'en peut mais

Mais dit que sa chatte est

Perpendiculaire à l'horizon.

Quel con ce Sacha !

Il va encore m'attirer des horions.

Comment je n'écris pas de poésie

La polésie, l'apolésie, et leurs dérivés,

Sont des notions dérivées.

Il fallait y penser.


La Poplésie, en revanche,

C'est une autre paire de manches,

Il faut bien l'avouer.


Franchement.

L'Enrobé à chaud

Maso naïf, écarlate crapule, sinistre clystère,

Pain bénit d'arômes cramoisis, l'autre Frère,

Contenté comme une sphère de merde lustrée,

Dévale l'escalier de l'esprit, à rebours

Du remords et comme sur un volant velours.

Avalement sale d'asile liquide,

Plaquant des accords faux sans fumée,

La baroque métastase désespérée

Jette son encre antipathique et fétide

À l'oreille de ses coreligionnaires énervés.

Exceptionnellement

Pour une fois, un petit mot d'introduction. Les Kagi sont heureux d'accueillir Antonia Seguin-Fender, une jeune poétesse de neuf ans qu'ils sont très fiers de publier ici.



Amoureux

Il en était temps

Séparé

Déjà pour longtemps

Retrouvé en été ;

Reperdu dans le temps

Chaude journée d'adieu.


À la corde

Faconde Norwest se met au violoncelle.

Très velue à l'escarcelle,

Longuement elle cherche la corde de ré dièse.

C'est le moment que choisit Hector Berlioz

Pour lancer son OPA sur la Chose.

Faconde est en plein malaise.

Aux chandelles

My love, what's the matter ?

— Mange ta soupe !

(Arpèges de dégueuli)

Je n'y arrive pas, je n'y arrive pas !

Sinfonia déconcertante

Continuer de cesser ou cesser de continuer

N'est qu'un aller-retour pour l'enfer.

On n'en sort pas.

Elle se tait je parle ;

Je me tais elle parle.

Engagés sur une voie unique :

« C'est plus vivant ! »

Disait mon ami le chef de gare.


Casse-pipes au parking, vocalises kaput.

Toute la nuit

Œil plein,

Soleil ouvert,

Grand jour au large,

Il se jette dans toute la nuit.

Celle qui n'existe jamais que par ouï-dire ;

Celle qui étend son aile sur tous les désastres.

— Sans yeux.

L'emploi du temps

Aller sur un forum.

Chercher, chercher, chercher.

On finit toujours pas trouver.

(Dégoût, dégoût, des gommes.)

Ut mineur

Troisième mouvement du vingt-quatrième concerto…

L'écrire est déjà un blasphème.

L'écouter impossible.

Sonore

Ah ah ah !

Il rit très fort.

Ah ah ah ah !

Ça sent mauvais.

Corps de jeune fille…

Au café

Envie de grogner.

Tous ces cons qui se paluchent…

Et moi moi et toi toi.

À mordre, tant de salauds indemnes, au même instant !

Là.

« Pour jouir plus vite je m'injurie…

Mon enfance me rappelle aussi une odeur. »

Encore ce putain de téléphone ?

Journal

Ce foutu instinct maternel dont crèvent les artistes.

J'ai tenu, moi aussi, un journal intime.

Sans quitter l'écran des yeux, il effleure mon sein.

Scène de brousse

— Mettez votre réveil.

C'est que le lion se lève tôt !

Mon commandant accrocha son chapeau

Au sein dressé de la négresse.

Je fis alors tourner le gramophone.

Le Temps

L'unique certitude,

De pierre et de basalte.

Montre en main :

— Les couleurs mordent.

Sortir…

L'air plus frais,

La Sarabande,

Qu'importe la couleur politique !

Allez !

Nuit sans nuit…

Papa est là,

Le feu vert sur toute la ligne !

Plus personne !

Matulu parle à Matuvu :

« Hitler = SS »

Qu'en dira-t-on ?

Pauvre de nous,

Si le citron italien

Vient à manquer !

Je regardai autour de moi ;

Plus personne…

Hurlements en faveur du silence

Nous étions vraiment au tribunal.

Ces accusations pénibles ont été bénéfiques,

Mais faisons une pause.

Je vous envoie une carte postale

Et je vous laisse la mal interpréter.

— Pauvre Ludwig…

Je vous en prie, sortons

Un instant du présent.

La fureur est une douceur intemporelle,

Mais l'être convoque son étant au passé,

Toujours à venir.


Vivre c'est dangereux

Esther a le nœud au derche.

Constance saute sans perche.

Elles partent à ma recherche.

Nous allons faire du feu.

Chanson mastiquée (à John Coltrane)

Au Dahomey vivent des rois
— Boas de bois du mois de mai —
À poils en fumet-baromètre.

Si Mao met son moi en mots,
— Émoi de Mahomet sans foi —
Qu'il sache que sur mes longs doigts
— Moires fumantes moufles floues —
Le mufle que je suis omet
Les noirs soufflés du Baphomet.

Soies de nos buffles, et les oublis,
Les voilées sur les derniers mètres
Glissent en reîtres dans la boue
Comme avalées par un métro
Décadent et très impoli.

Crispations et succions…
Quelle déconstruction,
Que ces alinéas !
Méforme d'hévéa.

Patience, la correspondance !

Je m'écris une lettre.

Je suis assis et j'écris.

À moi, on écrit, au stylo-plume.

Il me demande :

« Qu'y a-t-il dans cette lettre ? »

Comment voulez-vous

Qu'on le sache ?

Je ne l'ai pas reçue.

On ne l'a pas encore postée.

Les gens sont tellement impatients !

En voiture

Mais le camping amour

Ou bien où sur la petite table

Est ouest et son asthme

Donc parmi les souffles

Orgues dans la vallée

Ni délices soufflées

Caravanes et jambes écartées


Soudain, plus personne !

La saucisse oblique : charade

Pour m'avoir il faut en changer.

Si sur cette petite table,

Elle ne se fait aucun souci,

Pour savoir il faut en manger.

Je peux me faire hara-kiri,

Car le ciel est dans mon cartable.

(Pour le voir il faut se pencher.)

Le Banquet

— À quoi pensent-ils, ces deux-là ?

— Pas à moi, pas à moi.

— Pas à moi non plus.

— Ni à moi, je vous le dis.

— Et pourtant, ils pensent si fort !

— Savez-vous qu'ils n'ont pas d'oreilles ?

— À quoi le voyez-vous ?

— Je l'entends. Ça s'entend, ces choses-là.

— Et l'amour ?

— Quoi, l'amour ?

— Eh bien oui, l'amour, enfin.

— Je n'entends rien du tout.

— Moi j'y pense tout le temps.

— Mais c'est normal, vous êtes aveugle.

— Si vous voulez, mais je ne suis pas sourd.

— Tiens, ils ne sont plus là.

— Ils ne sont pas encore arrivés.

— Il est bientôt l'heure de penser.

— À quoi le voyez-vous ?

— J'ai faim.

— C'est impossible !

Les rhumatismes

Mais c'est une veuve !

Oui, mais toute neuve.

— Mon Dieu, faites qu'il pleuve !

Entrer

Et avec la bouille qu'elle a !

Comme à la pêche,

Entrons dans la danse.

Nom

Gala avait un nom, jadis.

Je l'avais rencontrée ici,

Où elle nettoyait les cierges.


Mégalophanie

Faconde Norwest a ses bidules aujourd'hui.

Ces jours-là, elle se coiffe en épis.

— Si on mangeait des pommes frites ?

Nommitude

Cadastre abstrait.

C'est comme ça qu'il l'appelait.

Même un cadavre n'aurait pas pu l'accepter.

Watersports

L'addition, demande-t-il avec un sourire carnassier !

Mais au moment de se lever de son siège,

Il s'aperçoit qu'il s'est oublié.

Elle, debout, sautant comme un bouchon :

« Je reviens tout de suite, j'ai une course à faire. »

Véronique

Comment t'appelles-tu ?

Véronique.

Comment vous appelez-vous ?

Véronique.

Oui mais comment ?

Véronique Véronique.

Ah, c'est bien vous, alors !

Elle sort une boîte de capotes de son sac et les pose sur la table.

Pourquoi ?

Vous n'êtes donc pas au courant ?

À ce moment-là passe un cycliste dans la rue.

« Véro ! » lance-t-il, un peu au hasard.

Garçon, l'addition !

La moitié du double

— Tu es mon ami ?

— Je suis ton ami.

— Tu es mon ennemi ?

— Je suis ton ennemi aussi.

— Tu es moi ?

— Oui, je suis toi, mais je suis aussi moi.

— Mon pauvre, il faut te faire soigner !

— Oui, mais par qui ?

— J'ai autre chose à foutre.

— Je ne crois pas.

Estime

Quand je regarde par la fenêtre,

Je vois un pauvre homme courbé vers la terre.

Je comprends qu'il cherche un visage parfait

Et je me détourne de lui.

L'attente

Il regarde ses paumes.

Il dit un psaume.

Puis il se masse la plante du pied.

Quand donc prendra fin le jour ?

Palabres

Les arbres se parlent, dans mon jardin.

C'est très sympathique, la journée, je ne dis pas.

Mais la nuit, ils pourraient tout de même dormir,

Comme tout le monde !

Personne nulle part n'en saura rien

Ferme donc ta grange gueule, Jonhson !

Kagi, tu as fait une fauve !

Pas du tout, abruti, aucune faune,

Et ne m'appelle plus Jonhson !

Tu n'es pas plus Kagi que moi !

— C'est ce que je voulais vérifier.

Scène de ménage

Je porte le cadavre sur le lit. Il saigne.

Non mais quelle salope, elle va me salir mon couvre-lit !

— Si j'avais su, je t'aurais laissée sur le carrelage de la cuisine.

— Tu n'avais qu'à me tuer proprement, connard.

Rituel

Elle ouvre les jambes. Juste assez.

Ensuite, nous faisons un whist. Elle perd, comme d'habitude.

Quelle perte de temps, Joseph ! Nous pourrions…

Non, ma Chère, nous ne pourrions pas, justement.

Ce soir

Ce soir, grande veine !

Oh oui, ce soir, c'est la veine !

Je le sens, je suis en veine.

En veine de polésie.

Ce soir, je vais écrire un polème polémique.

Ce soir !

Performance

Claudius aspire de toutes ses forces !

Il est rouge du haut en bas, le pauvre.

Sans arrêter la transaction, on ouvre

La partition de Blussy, sous l'écorce,

Et là, sans même de fard à paupières,

Si nue, elle plonge dans la soupière.

Soir

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Tourne la manivelle, Pseu.

Enfants perdus et allongés

Asticot et abricot,

Clitoris et clinamen,

Vos familles ne vous réclament pas.

Coquelicots et cyclamens,

Vous n'êtes pas de sitôt

Sortis par là du Ça !

En attendant

Et si Johnson n'était pas là,

Comment ferait-on ?

Oh, c'est bien simple :

Si Johnson n'est pas là,

C'est foutu.

(…)

Quel pessimisme, Bon Dieu !

On peut quand-même sucer des glaçons,

En attendant !

Froid

Varnia, mais pourquoi mets-tu ce bonnet affreux ?

(…)

Elle ne répond pas et ôte sa culotte.

Fils

Hactor est un garçon mal élevé.

Ce matin, il a même prétendu

S'appeler Hector !

Je n'ai pas les moyens d'assurer ma descendance.

Soigner

Papa a mal au foie.

Je lui donne de l'huile de ricin,

Mais il fait la sourde oreille.

Destin

Hier-soir, quarante fourmis m'ont attaqué.

J'en ai tué trente-neuf.

La dernière a dormi avec moi.

Oh, toi, oh oui, toi !

Passe donc, profite de ma mort.

Déserte la corde, évite le souffle,

Parodie la chance, oublie la danse.


Je suis crotté de toi.

Faconde

Faconde Norwest est une femme gaie.

Elle est gaie des graisses

Elle est gaie de la croupe.


— Monsieur, s'il vous plaît : à la caisse !

Polésie est partie

Polésie, Polésie,

Où es-tu partie ?

Et moi qui reste

Dans tes draps sales !
Ce n'est pas moi
Ou alors c'est moi
Mais je ne m'en souviens pas

KiM

Poétique action

Faire semblant, c'est un bon titre.

Faire pendant, c'est un bon litre.

Faire le pitre, c'est un roman.

Noël

Noël, éclat de Noël, charme.

À la pointe du songe,

Mes joues, lavées de larmes.

ACIDE

Propanal (CAS123386)
Benzene, (1-methylethenyl)- (CAS98839)
Ethanone, 1-phenyl- (CAS98862)
1,3-Isobenzofurandione (CAS85449)
Benzene, 1,4-dinitro- (CAS100254) ou Benzene, 1,3-dinitro- (CAS99650)
2-Propanone (CAS67641)
Acetic acid (CAS64197)

Si je voulais, je continuerais…

Repassage (3)

Huit chemises, trois shorts,

Quatre draps housse, un pantalon,

Une nappe, des chiffons.

Je suis mort(e).


— Eh non, ce serait trop beau…

En transe

J'en ai encore le muzo fragrancé
d'avoir les pétales frôlé
ô rampo du nikkon
de tes roses pompons

KiM

Dimanche 28 septembre

Chérie, nous sommes le dimanche vingt-huit septembre !

— Hmm ?

Rien à faire, elle est trop…

— Hmm ?

Rien, rien, rendors-toi, je fais de la poésie.

Recette

Fendre l'aubergine, mettre une rondelle…

Oh ! Kagi, où vas-tu, comme ça ?

Moi ? mais je vais tirer le vin de joie.

Repassage (2)

Vapeur, calme, chuintements doux.

Pschhh pschhh schhh…

Luna dort et approuve.

Joachim Malats (1872-1912)




Repassage

Trois chemises, deux pantalons.

Dix serviettes de table, six serviettes de toilette.

Neuf T-shirts, sept slips.

Trois enveloppes de traversin, cinq taies d'oreiller.

Huit torchons, un drap, deux mouchoirs.


Ça ira pour aujourd'hui.

Castor Johnson

Castor Johnson est à Johnson

Ce que Sartre est à la musique dodécaphonique.

Il va de soi que je simplifie

Pour les besoins de la démonstration.

Do-si-do-fa-mi-do.

Dans les bois

Fred vise,

L'enfant l'exaspère, 

Alors tire, sans.

L'enfant touché.

Fred voulait mourir.

Pauvre, vivre…

Mirages

Au ciel, tout le jour, ces oiseaux hurlants,

Rayant l'azur comme papier musique.

À la jumelle, je ne peux les suivre,

Homme invisible sous leur nez de cuivre.

J'attends leurs virages mélancoliques

Et je ne suis plus qu'un petit enfant.

Tout à coup, en 12 CH

Arnica Montana et Mercurius Solubilis 

Marchaient ensemble, main dans la main.

Aconit, haut dans la colline, les regardait venir.

Ruta Gravolens ne dormait que d'un œil,

Tandis que Phytolacca Decandra terminait ses ablutions.

Nux Vomica, lui, restait à l'écart, silencieux, morose.

Tous sentaient qu'il allait se passer quelque chose.

C'est ce moment que choisit Ipeca pour lâcher :

« Korsakov a le bourdon, ça ne m'étonnerait pas qu'il pleuve. »

Comment taire (1492)

Comment comment ? Comment pourquoi ?

Ha ha ha, il se moque ! Ha ha ha, il se com' !

« Taire ! Taire ! Taire ! »

Hé, Kagi, tu peux descendre, Véra s'est barrée !

« Taire ! Taire ! Taire ! »

Oh, laisse-le, à force il a la vigie raidie.

Si j'avais voulu

Ta ga da, ta ga da, ta ga da.

Je suis à Séville. 

Ta ga da, ta ga da, ta ga da.

Je joue de la guitare. 

Ta ga da, ta ga da, ta ga da.

À Séville, je joue Sevilla.

Ta ga da, ta ga da, ta ga da.

Sevilla, d'Albeniz.

Ta ga da, ta ga da, ta ga da.

Mais j'aurais pu le jouer au piano.

Oh oh oh, oh oh oh, oh oh oh !

La semaine prochaine, j'irai à Nice.

Ho hisse, ho hisse, ho hisse.

Et je logerai au Ritz.

Ta ga da, ta ga da, ta ga da.

Hue, Véra, hue ! Avanti la machina !

Véra, kantique

« Véra, Véra, Véra.

Cervelas, pasta, nada.

Couchée, Véra, couchée ! »

Chaque soir, Kagi doit réciter cette prière, avant…

Avant Fluocaril, bain de pieds, confiture.


      On lui avait promis une grande efficacité.

Automne

Ce soir, j'ai l'air mauvais.

Enflé d'une courtisane au miel,

Je sors mes pinceaux au curcuma. 


Albert, comme toujours dans ces moments-là,

Albert éternue en psaumes

Sur sa robe safran.

Elle : « Mais, Albert, pourquoi ? »

Albert : « Écoute ! Écoute écoute ! »

Sur ce, le poète exhibe ses doigts de pied,

Comme un chant de tribu 

Antique rubis sur l'ongle.

Elle fait celle qui s'y entend,

Se penche en avant, pauvre momie averse,

Son sein droit coule au dehors,

S'étale, se liquéfie, quitte son corps…

Et tous les trois nous nous noyons,

Sans avoir pu finir la partie.


En septembre, il vaut mieux

Jouer au bilboquet que

Faire de la sonate.

Gris

Fleur du soir,

Ce ciel gris

Et ce tendre sommeil,

Vous êtes révolus.

Transfert


À partir d'aujourd'hui

Kagi se nomme Jeff Koons.

Il va faire des envieux, c'est certain.

Mais il veut absolument se mettre dans la peau de Jeff.

Boson vole !

« Il ne faut pas prendre Kagi pour un couillon ! »

Mais voyons, mais voyons, tout le monde a raison

Tout le monde a toison, Kagi !

Tout le monde sauf si…

Flora ?!

Flora ? a dit Georges !

Mais pourquoi, mais pourquoi ?

Ah, si je le savais, moi !